Crise des réfugiés

16 octobre 2015 07:52; Act: 16.10.2015 15:41 Print

L'UE arrache un accord avec la Turquie

Un «plan d'action commun» a été annoncé dans la nuit entre les 28 pays de l'UE et la Turquie, afin de tenter d'endiguer les flux migratoires.

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Le chef de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk, ont annoncé l'accord dans la nuit de jeudi à vendredi. (photo: AFP)

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L'Union européenne a arraché un «plan d'action commun» à Ankara pour endiguer les flux migratoires à ses frontières extérieures. Réunis jeudi en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont pressé la Turquie, devenue la porte d'entrée pour des centaines de milliers de réfugiés vers l'Europe, de l'aider à tarir ces flux de migrants, mais les deux parties sont décidées à imposer leurs conditions.

«Nous nous sommes mis d'accord sur le contenu exact de ce plan d'action», a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à l'issue de la réunion des chefs d'États et de gouvernement européens à Bruxelles. Les Européens ont «salué» un plan basé sur «des engagements réciproques», selon les conclusions du sommet. Mais ce soutien politique aux tractations est loin de marquer la fin du chapitre, les détails les plus sensibles de l'accord restant à négocier.

Compensation de trois milliards d'euros

L'annonce de l'accord est intervenue après la visite à Ankara de deux commissaires européens, venus proposer de l'aide à la Turquie pour accueillir plus de réfugiés et lui demander en contrepartie d'accepter davantage de «réadmissions» de migrants irréguliers venant de son territoire. Selon des sources européennes, la Turquie demande une aide de trois milliards d'euros. Cet aspect du plan doit encore être négocié «dans les jours qui viennent», a souligné M. Juncker.

Des diplomates à Bruxelles ont émis des doutes sur la possibilité de mobiliser un tel montant. Pour répondre aux demandes turques, le «plan d'action» ouvre la perspective d'un processus plus rapide que prévu pour faciliter l'attribution de visas aux ressortissants turcs voyageant dans l'UE. Ankara veut aussi «ouvrir de nouveaux chapitres» des négociations d'adhésion à l'UE et être considéré comme un «pays sûr» (dont les ressortissants ne peuvent a priori pas être considérés comme des réfugiés) par les Européens.

(L'essentiel/AFP)