Ex de Renault Luxembourg

06 mars 2012 11:22; Act: 06.03.2012 19:37 Print

«Ici, j'étais le patron qui tapait dans la caisse»

LUXEMBOURG - Alors que la fausse affaire d'espionnage au sein de Renault rebondit au Luxembourg, «L'essentiel Online» est parvenu à recueillir le témoignage de l'un des anciens salariés licenciés.

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Le licenciement ou le départ de trois cadres en 2009 par RRG a été réalisé sur la base de faux documents. Une méthode identique à celle utilisée en France en 2011. (photo: L'essentiel)

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En 2009, Antonio Dorego était directeur général des services techniques de Renault Retail Group (RRG) à Luxembourg, la filiale du constructeur français au Grand-Duché. Avec quelque 190 personnes sous sa responsabilité, l'homme faisait partie de la direction luxembourgeoise de Renault. Tout cela, c'était avant qu'il démissionne «sous la pression de ma direction et dans un climat de suspicion permanent».

Comme deux autres membres de RRG, Antonio Dorego a été accusé d'avoir profité de larges subsides en provenance de comptes bancaires situés au Liechtenstein et en Suisse, «des comptes qui possédaient des chiffres à au moins cinq chiffres». Des accusations qui se révèlent fausses, comme l'indiquent mardi de nouvelles révélations sur ce dossier, lié à la fausse affaire d'espionnage industrielle de Renault.

«J'attends juste des réponses»

«C'est la Direction centrale du renseignement intérieur français (DCRI) qui m'a informé en septembre dernier que les faits qui m'étaient reprochés étaient faux, indique Antonio Dorego, contacté par L'essentiel Online. J'ai été convoqué à Metz dans leurs locaux et c'est là qu'ils m'ont dit que mon départ de la société avait été décidé sur la base de faux relevés bancaires notamment. Pour eux, cette histoire était les prémices de ce qui allait se passer deux ans plus tard avec les accusations portées contre trois cadres au siège de Renault - NDLR: ces derniers avaient été accusés à tort d'avoir perçus des pots-de-vin en provenance de sociétés chinoises -. Aujourd'hui, je sais qui a fabriqué ces faux documents, mais je ne sais pas qui en a fait la demande».

Pour connaître la vérité, Antonio Dorego s'est donc portée partie civile dans cette affaire auprès du Parquet de Paris, aux côtés d'un autre ancien de RGG au Luxembourg, l'ancien directeur financier. Ce dernier, licencié au Luxembourg, a d'ailleurs fait l'objet d'un jugement par un tribunal luxembourgeois dans lequel son licenciement a été reconnu comme abusif. «Ce que je veux maintenant, c'est avoir accès à l'ensemble du dossier et enfin connaître la vérité sur ce qui nous est arrivés, précise Antonio Dorego. J'attends juste des réponses».

Patron d'une entreprise de carrosserie au Grand-Duché employant une quarantaine de salariés, Antonio Dorego assure «ne pas en vouloir à Renault qui s'est aussi portée partie civile, même si c'était de sa responsabilité de gérer l'ambiance qui régnait au sein de l'entreprise, les mois précédant mon départ». Mais même si les enquêteurs trouvent les commanditaires de cette affaire, cette affaire risque de marquer encore un peu la vie de l'ancien cadre. «Depuis cette histoire au Luxembourg, et pour certains de mes salariés certainement, même s'ils ne me l'ont jamais dit, j'étais le patron qui tapait dans la caisse».

Jean-Michel Hennebert/L'essentiel Online

  • xavier le 06.03.2012 23:51 Report dénoncer ce commentaire

    triste mais réel.Ancien client de cette marque automobile,nous ressentions une mauvaise ambiance dans cette concesion.Il y a beucoup de choses qui ce sont dites sur ce garage.C'est malheureux pour les employés qui doivent subir au quotidien des pressions de leur hiérarchie.Je leur souhaite bon courage car la marque était déja ternie mais la ça le confirme.

  • Rotidau le 06.03.2012 16:42 Report dénoncer ce commentaire

    Hélas, ce n'est pas la seule entreprise à faire appel à des sociétés de "sécurité" pour "monter" des dossiers sur leurs cadres. J'en connais une autre présente aussi ici... afffaire à suivre et scandale en perspective! Tous les moyens sont bons pour harceler son personnel... et puis cela se dit CSR!!!!

  • OTTO ou AUTO le 06.03.2012 16:23 Report dénoncer ce commentaire

    M. la culture c'est comme la confiture, moin on en a plus on l'étalle. Au revoir et bien le bonjour à madame!