«Panama Papers»

10 avril 2016 11:44; Act: 10.04.2016 11:44 Print

David Cameron publie sa déclaration d'impôts

Fait inédit dans l'histoire politique britannique, David Cameron a publié dimanche sa déclaration d'impôts des six dernières années, suite à l'affaire des «Panama Papers».

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La presse britannique ne semble pas être prête à lâcher le Premier ministre. (photo: AFP)

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Au sortir d'une semaine particulièrement éprouvante, marquée par des appels à la démission jusque devant sa résidence à Downing Street, le Premier ministre a décidé d'innover en devenant le premier chef du gouvernement et même d'un parti politique britannique à montrer patte blanche sur ses impôts. La publication est destinée à prouver qu'il n'a jamais cherché à échapper au fisc, après avoir avoué tardivement jeudi soir qu'il avait bien détenu lui-même des parts dans la société offshore basée aux Bahamas de feu son père Ian jusqu'en 2010.

Mais la presse britannique ne semble pas être prête à le lâcher et s'interroge désormais sur un don de 200 000 livres (240 000 euros) reçu de sa mère. «La semaine a commencé par une crise morale au cœur du Parti conservateur et se termine sur un scandale au sommet de l'État», a commenté un porte-parole du Parti travailliste (opposition). En épluchant ses déclarations, on apprend que le Premier ministre a payé environ 400 000 livres d'impôts sur un revenu de plus d'un million de livres depuis 2009.

Fortune cachée

M. Cameron, qui dit avoir vendu toutes ses actions au moment de prendre la tête du gouvernement en 2010, tire ses revenus de son salaire de Premier ministre - 140 000 livres en 2014/15 - et de la location de sa maison de famille à Londres, qui lui a rapporté 46 899 livres sur ce même exercice. Quant aux parts qu'il détenait dans le fonds d'investissement de son père, il les a cédées en 2010 pour un gain de 19 000 livres qu'il a déclaré au fisc.

En jouant la carte de la transparence, M. Cameron cherche ainsi à calmer le jeu. Mais à dévoiler au grand jour sa richesse personnelle et les frais de garde-robe de son épouse Samantha, l'ancien élève d'Oxford et du prestigieux college d'Eton s'est exposé immédiatement à de nouveaux ennuis. «Le Premier ministre révèle sa fortune cachée», titre le Sunday Times, pointant le risque politique de ce grand étalage.

La donation reçue en 2011 de sa mère, en sus des 300 000 livres reçus en héritage à la mort de son père en 2010, est également ouvertement questionnée. Le Premier ministre n'a pas payé d'impôts sur cette donation de 200 000 livres, profitant d'une particularité du fisc britannique qui incite le contribuable à transmettre son patrimoine de son vivant. Les donations sont ainsi exonérées, à moins que le donateur ne décède dans les sept ans. «Je sais que j'aurais dû mieux gérer cette affaire, ne blâmez pas mes conseillers, la faute m'en revient, j'ai appris la leçon», a souligné le Premier ministre.

(L'essentiel/AFP)