Scandale en Grande-Bretagne

13 juillet 2020 20:58; Act: 13.07.2020 21:10 Print

10 000 «esclaves» dans les usines de Leicester?

La pandémie de coronavirus a mis en lumière les conditions de travail dans les ateliers textiles de Leicester, ville d’Angleterre. Une enquête va être ouverte.

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Les médias britanniques se sont emparés de l’affaire depuis quelques jours déjà. (photo: Captur d’écran SkyNews)

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Jusqu'à 10 000 personnes sont employées dans des conditions proches de l'esclavage, dans les ateliers textiles de Leicester, une ville du centre de l'Angleterre, a affirmé lundi un député local. La ministre de l'Intérieur, Priti Patel, s'en est émue devant le Parlement lundi, dénonçant «ce fléau moderne» et son ministère a annoncé l'ouverture d'une enquête sur ces allégations par l'Agence nationale contre la criminalité (NCA), alors que, depuis quelques jours, les dénonciations publiques de la situation dans les usines de Leicester se multiplient.

Une flambée de cas de coronavirus a poussé les autorités, fin juin, à prolonger d'au moins deux semaines le confinement dans cette ville industrielle des Midlands. Les ateliers de confection ont continué à fonctionner pendant le confinement et ils sont soupçonnés d'avoir joué un rôle dans la deuxième vague de contaminations. Ce qui a braqué les projecteurs sur les pratiques dans ces usines.

Boohoo montrée du doigt

Selon le député conservateur Andrew Brigden, interrogé par l'AFP, jusqu'à 10 000 personnes pourraient être employées pour un salaire de misère de 2 livres sterling de l'heure (environ 2,2 euros). Les victimes de ces pratiques sont «un mélange de gens du cru et de travailleurs immigrés, dont certains seraient en situation illégale, raison pour laquelle ils sont réduits en esclavage», a ajouté Andew Brigden. Labour Behind the Label, un groupe de défense des droits des travailleurs, a assuré dans un rapport que certaines usines fonctionnaient à plein régime pendant la crise, même quand un salarié avait été testé positif, alors qu'il était «inconcevable» qu'elles puissent respecter les mesures préconisées contre le virus, comme les gestes barrière.

«Cela fait des années que circulent les allégations d'abus dans bon nombre de sociétés de Leicester», a souligné Dominique Muller, de Labour Behind the Label. Selon un récent rapport parlementaire, Leicester, une ville à forte diversité ethnique, compte un bon millier d'ateliers textiles. Labour Behind The Label accuse les marques comme Boohoo, spécialiste de la «Fast Fashion», de piétiner le droit du travail.

(L'essentiel/afp)