Migrants

26 juin 2018 07:34; Act: 26.06.2018 10:21 Print

108 migrants autorisés à accoster en Sicile

Après trois jours d'attente, un cargo danois avec 108 migrants à bord a finalement été autorisé à accoster en Sicile.

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Le cargo danois Alexander Maersk, transportant 108 migrants secourus vendredi au large de la Libye, a finalement été autorisé lundi soir à entrer à Pozzalo, après trois jours d'attente devant ce port du sud de la Sicile. (photo: AFP/Danilo Campailla)

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Un cargo danois transportant 108 migrants, secourus vendredi au large de la Libye, a finalement été autorisé dans la nuit de lundi à mardi à accoster en Sicile, mais l'incertitude régnait toujours sur le sort de 234 autres migrants à bord du Lifeline, un navire affrété par une ONG.

Le Lifeline, affrété par l'ONG allemande du même nom, restait bloqué en mer, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini ayant confirmé lundi, sa ligne dure à l'encontre des ONG venant en aide aux migrants.

Le cargo danois Alexander Maersk est arrivé dans la nuit à Pozzallo, après trois jours d'attente devant ce port du sud de la Sicile. Il avait changé de route vendredi matin, pour se porter au secours de migrants au large de la Libye.

Lors d'une conférence de presse à son retour d'un déplacement en Libye, M. Salvini a répété que le Lifeline et les 234 migrants se trouvant à son bord, ne seraient pas autorisés à accoster en Italie. Il a au passage égratigné une nouvelle fois la France, jugeant que son président Emmanuel Macron était «proportionnellement 15 fois plus méchant» que le Premier ministre hongrois Viktor Orban, dans son refus de respecter les quotas de réallocation de migrants en Europe.

Le président nationaliste de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, s'est dit lundi «disposé à porter secours» aux migrants recueillis sur le Lifeline. Il a toutefois ajouté sur la radio France Inter que «juridiquement, il faut évidemment l'accord de l’État (français) pour que les choses se fassent».

Visage fermé

La situation reste difficile en Méditerranée après un week-end où près de 1 000 migrants ont été secourus pour la seule journée de dimanche au large de la Libye. Des images prises au moment de leur débarquement à Tripoli, montrent des centaines d'entre eux, hommes, femmes et enfants, tête baissée ou le visage fermé, visiblement exténués, loin des sourires qu'ils affichent d'ordinaire sur les bateaux qui les transportent vers l'Italie.

M. Salvini, parti en guerre contre les ONG qui viennent en aide aux migrants au large des côtes libyennes, a jugé lundi qu'elles étaient «consciemment ou inconsciemment les complices» des trafiquants d'êtres humains en Libye, et qu'il n'était donc pas souhaitable à ses yeux qu'elles continuent leurs opérations en Méditerranée.

Deux autres navires humanitaires, l'Aquarius des ONG françaises SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) et l'Open Arms de l'ONG espagnole Pro Activa, se trouvaient lundi au large de la Libye mais sans possibilité d'intervenir, faute de demande en ce sens de la part des garde-côtes libyens. Car ce sont eux désormais qui ont la haute main sur les opérations de secours au large de la Libye, les autorités maritimes italiennes, qui assuraient jusqu'à ce week-end la coordination principale de ces sauvetages, leur ayant cédé cette responsabilité.

(L'essentiel/afp)