AUX URNES

31 mai 2012 08:06; Act: 31.05.2012 10:42 Print

Référendum en Irlande sur le pacte budgétaire

Les Irlandais sont appelés à se prononcer jeudi par référendum sur le pacte budgétaire européen, un scrutin suivi de près par Bruxelles mais où le «oui» est donné gagnant.

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Les Irlandais doivent choisir. (Reuters)

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L'Irlande est jusqu'à présent le seul pays de l'Union européenne à soumettre à un référendum ce traité qui vise à renforcer la discipline au sein de l'Union à la suite de la crise de la dette. Le pacte, approuvé par les dirigeants de tous les pays de l'UE, sauf le Royaume-Uni et la République tchèque, prévoit de respecter des «règles d'or» sur l'équilibre des comptes, sous peine de sanctions. Selon les derniers sondages, le «oui» est largement en tête en Irlande, mais environ un tiers des électeurs se disaient encore indécis avant le scrutin.

Le Premier ministre irlandais, le centriste Enda Kenny, a fait campagne pour le «oui», qui sera, selon lui, synonyme de «stabilité». À l'inverse, Gerry Adams, leader du Sinn Fein, parti nationaliste de gauche, a estimé que le pacte signifierait encore plus d'austérité. «Nous savons que l'austérité ne fonctionne pas, et c'est ce que de plus en plus de gens disent en Europe», a-t-il répété à la veille du scrutin.

Exercice risqué

L'Irlande se trouve dans une situation particulière dans l'UE, puisque l'ancien «Tigre celtique» bénéficie depuis la fin 2010 d'un plan de sauvetage de 85 milliards d'euros que lui ont octroyé l'Union européenne et le Fonds monétaire international en contrepartie d'engagements contraignants en matière budgétaire. Un éventuel rejet du pacte européen n'aurait pas immédiatement d'incidence sur ce plan de sauvetage, mais il priverait l'Irlande d'accès au Mécanisme européen de stabilité (MES), destiné à soutenir les pays de la zone euro en difficulté financière, qui entrera en vigueur en juillet.

Un référendum est un exercice risqué en Irlande: le pays a rejeté à deux reprises des traités européens (Nice en 2001 et Lisbonne en 2008), avant de se raviser lors de scrutins de rattrapage, mais au prix de concessions. Une victoire du «non» jeudi ne bloquerait pas non plus l'application du pacte, puisqu'il entrera en vigueur après ratification de seulement 12 États. Toutefois, elle lancerait un signal très négatif au moment où la zone euro s'enfonce dans la crise et pourrait remettre encore un peu plus en cause la politique d'austérité. Les bureaux de vote ont ouvert jeudi à 8h et fermeront à 23h. Les résultats du scrutin sont attendus vendredi.

(L'essentiel Online/AFP)