Justice à Bruxelles

05 février 2018 06:42; Act: 05.02.2018 06:54 Print

Un dispositif très spécial pour le procès Abdeslam

Des mesures de sécurité drastiques ont été mises en place en France et en Belgique pour le procès du seul rescapé des commandos des attentats de 2015 à Paris.

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Salah Abdeslam, seul membre encore vivant des commandos jihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015, comparaît pour la première fois publiquement lundi à Bruxelles pour sa participation présumée à une fusillade avec des policiers à la fin de sa cavale en mars 2016. Ce procès en correctionnelle n'est qu'un préambule à celui qui aura lieu en France pour les attentats qui y ont fait 130 morts. Mais il est très attendu pour savoir si le petit délinquant devenu «ennemi public numéro un» sortira du mutisme qu'il observe face aux enquêteurs français.

Transféré fin avril 2016 à Fleury-Mérogis, Abdeslam a quitté sa prison française dans la nuit pour être transféré en Belgique. Un convoi de véhicules de gendarmes d'élite a quitté la prison entre 03h30 et 04h00. Âgé de 28 ans, ce Français d'origine marocaine qui a grandi à Molenbeek, quartier populaire et métissé de Bruxelles où il s'est radicalisé, apparaît au cœur d'une cellule jihadiste impliquée dans au moins trois dossiers terroristes majeurs. Les attentats de novembre 2015 à Paris, ceux du 22 mars 2016 à Bruxelles (32 morts) et l'attaque avortée dans le train Thalys Amsterdam-Paris en août 2015 relèvent «peut-être d'une unique opération», estime le parquet fédéral belge.

Dispositif hors normes

Les faits pour lesquels Salah Abdeslam sera jugé de lundi à vendredi (avec relâche mercredi) remontent eux au 15 mars 2016. Des enquêteurs français et belges avaient été surpris par des tirs pendant une perquisition de routine dans une des planques bruxelloises de la cellule, située rue du Dries à Forest. Trois policiers avaient été blessés et un jihadiste, Mohamed Belkaïd, tué en leur faisant face avec une kalachnikov pour couvrir la fuite d'Abdeslam et de Sofiane Ayari, un Tunisien de 24 ans qui sera aussi jugé à Bruxelles. Cet épisode avait précipité la fin de la cavale d'Abdeslam. Il avait été interpellé avec son complice Ayari trois jours plus tard, le 18 mars, à Molenbee.

Un dispositif de sécurité hors normes sera déployé lundi à l'occasion du procès dans le palais de justice de Bruxelles. Abdeslam reste maintenu à l'isolement, sous vidéosurveillance 24 heures sur 24. Pendant le procès, il sera hébergé dans une prison du nord de la France, à Vendin-le-Vieil, permettant de dupliquer ces conditions de détention. Il fera quotidiennement le trajet de 150 kilomètres vers Bruxelles, escorté par des unités d'élite, du GIGN français et de la police judiciaire fédérale belge alternativement.

(L'essentiel/AFP)