Contre l'embargo russe

10 novembre 2014 18:11; Act: 10.11.2014 18:27 Print

21 pays bataillent pour aider les agriculteurs

Un groupe de 21 États membres, dont le Luxembourg, se sont alliés lundi à Bruxelles pour garantir un fonds européen suffisant face à l'embargo russe ou d'autres crises possibles.

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Les ministres de l'agriculture des 21 pays estiment qu'il n'est pas envisageable que les agriculteurs subissent l'embargo russe et une baisse des aides. (photo: AFP)

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La mobilisation de 21 pays de l'Union européenne, emmenés par la France, via une déclaration commune présentée lundi en réunion ministérielle à Bruxelles, vise à empêcher que la Commission européenne ne réduise à la portion congrue les fonds disponibles, comme elle en a manifesté l'intention à la mi-octobre. Les 21 signataires ont envoyé «un signal très clair à la Commission», a jugé le ministre français, Stéphane Le Foll.

«Il n'est pas possible d'accepter un système où au final les agriculteurs perdraient du fait des prix», en baisse, «de l'embargo russe et d'une baisse des aides», a-t-il souligné. Ce bras de fer entre États et Commission devra se régler dans le cadre du grand marchandage budgétaire annuel, qui doit être conclu le 17 novembre, selon une source européenne. «Les 21 pays ont de quoi bloquer» les négociations sur le budget européen de 2015 s'ils n'obtenaient pas satisfaction, a mis en garde M. Le Foll.

Boucher les trous

La bataille porte sur 450 millions d'euros dévolus en principe aux financements agricoles, sur lesquels les 21 veulent pouvoir compter en 2015 pour assurer le financement de 344 millions d'euros d'aides déjà annoncées depuis août, et d'éventuelles autres mesures de soutien prises entretemps. La nouvelle politique agricole commune (Pac) prévoit par ailleurs une «réserve de crise» qui peut être mobilisée tous les ans à hauteur de 430 millions d'euros, mais aux prix pour les agriculteurs d'une coupe de 1% dans les subventions européennes régulières.

La Commission souhaite utiliser les 450 millions d'euros pour boucher des trous dans son budget 2014. Elle propose du coup de puiser toutes les aides exceptionnelles au secteur dans la seule réserve de crise. Au vu des sommes déjà promises aux secteurs maraîcher et laitier face à la chute des cours provoquée par la fermeture du marché russe, ce projet de la Commission réduirait à quelque 90 millions les fonds restant disponibles pour des mesures supplémentaires pour toute l'année 2015.

(L'essentiel/AFP)