Plan d'investissement

18 décembre 2014 23:20; Act: 18.12.2014 23:34 Print

Les États restent réticents face au plan de Juncker

Les chefs d'État ont approuvé le lancement du plan d'investissement proposé par la Commission européenne mais n'ont pas encore pris d'engagements pour abonder le fonds de 315 milliards d'euros.

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Plusieurs États ne sont pas prêts à s'engager pour le plan de 315 milliards d'euros. (photo: AFP)

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Les États membres de l'UE ont fait part de leurs réticences jeudi pour abonder le fonds destiné à mobiliser 315 milliards d'euros d'investissement sur le continent, malgré les appels du pied du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. «J'entends dire que certains dirigeants se sont exprimés pour dire qu'en terme de volume global, le paquet est très insuffisant. Il y a la possibilité pour les Etats membres de contribuer au financement du capital, ce sera pris en compte par la Commission dans l'évaluation de la situation budgétaire des différents pays», a affirmé M. Juncker, à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles.

Pour encourager les États membres à abonder le nouveau fonds, la Commission européenne propose que les sommes versées ne soient pas comptabilisées dans le calcul de leur déficit. «Donc il n'y a pratiquement aucune raison pour ne pas participer au financement», a-t-il souligné. M. Juncker a déjà lancé des appels du pied à de maintes reprises aux pays bénéficiant de marges budgétaires, comme l'Allemagne, pour apporter une contribution au fonds d'investissement. «J'attends maintenant des propositions concrètes et pas seulement"parole, parole". J'ai besoin de "money, money", d'argent sonnant et trébuchant», avait-il déclaré mercredi au Parlement européen.

Le plan Juncker, un plan «créatif»

Mais la chancelière allemande Angela Merkel s'est contentée d'un soutien a minima jeudi et a préféré insister sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles en Europe. «Nous ne sommes toujours pas dans une situation économique facile, c'est pourquoi nous devons faire trois choses: nous pouvons lancer le plan d'investissement qui doit maintenant se remplir de projets concrets. Par ailleurs, il faut évidemment gagner la confiance, c'est à cela que répond la mise en oeuvre du pacte de stabilité et de croissance», a déclaré Mme Merkel.

De son côté, la France va «appuyer ce plan d'investissement (...) pour que dans notre propre pays il y ait davantage d'investissement et davantage de soutien à la croissance», a indiqué le président François Hollande. Plus direct, le Premier ministre finlandais a affirmé que son pays ne ferait «aucune contribution» au fonds d'investissement tandis que la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite n'a pas caché son scepticisme en jugeant la structure du plan Juncker «pour le moment créative». «Au moins, les intentions sont bonnes», a-t-elle commenté.

La Belgique a elle aussi refusé de contribuer au plan d'investissement à ce stade. «Je ne vais pas mettre d'argent sur la table sans savoir d'abord quelles sont les propositions concrètes pour faire fonctionner ce fonds», a déclaré le Premier ministre Charles Michel. «Je veux que ce fonds soit mobilisé surtout au départ d'argent privé», a-t-il encore insisté.

(L'essentiel/AFP)