Procès en Pologne

17 janvier 2018 17:24; Act: 17.01.2018 17:24 Print

Peines de prison pour s'être dénudé à Auschwitz

Deux manifestants du groupe «Love Macht Frei» qui s'étaient dénudés il y a un an devant l'entrée du camp d'extermination nazi d'Auschwitz ont été condamnés mercredi à la prison.

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Entre 1940 et le début de 1945, quelque 1,1 million de personnes ont été exterminés à Auschwitz. (photo: AFP)

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Deux membres de ce groupe informel, le Polonais Adam B. et le Bélarusse Mikita V. ont été condamnés respectivement à un an et demi de prison et un an et deux mois. Dix autres, âgés de 20 à 27 ans, dont un citoyen allemand, ont écopé l'un d'une amende de 10 000 zlotys (2 400 euros), les autres de travaux d'utilité publique. Par un jour de mars 2017, les membres du groupe se sont dénudés et attachés entre eux. Ils ont suspendu une banderole blanche avec l'inscription «love» en rouge en haut du portail de l'ancien camp nazi portant la célèbre inscription «Arbeit Macht Frei» («Le travail rend libre» en allemand) et tué un mouton.

Le procureur Mariusz Slomka qui a requis des peines supérieures à celles prononcées à l'encontre des deux organisateurs de la manifestation, a souligné dans son réquisitoire qu'«Auschwitz était un lieu de mémoire de l'humanité, le symbole du martyre, un cimetière pour des milliers d'êtres humains». «Nous devons envoyer un signal clair (...) que des actes de ce genre ne peuvent jamais se reproduire», a-t-il dit. Mikita V. et Adam B. ont expliqué qu'ils avaient agi pour une bonne cause - leur protestation était un acte pacifiste, un cri contre la guerre. Ils ont regretté d'avoir fait souffrir un animal.

«Ces personnes ont profané un lieu parmi les plus tragiques dans le monde (...) tentant d'en user avec impudence pour promouvoir des idées vaseuses qui n'ont jamais été vraiment précisées, et en blessant des millions de gens dont les proches avaient péri» dans le camp, a commenté Piotr Cywinski, le directeur du musée d'Auschwitz, cité par l'agence PAP. Dans un communiqué publié l'an dernier, le groupe a affirmé que le mouton tué représentait une «victime de la guerre à qui la vie avait été enlevée définitivement».



(L'essentiel/AFP)