Italie

13 septembre 2017 10:18; Act: 13.09.2017 11:49 Print

Loi contre la propagande fasciste durcie

Les députés italiens ont voté mardi un renforcement de la législation contre la propagande fasciste. Le Sénat doit l'approuver.

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La façade du Parlement italien à Rome, le 18 août 2017.

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La Chambre des députés du Parlement italien a voté mardi un durcissement de la législation contre la propagande fasciste. Cette décision a été prise plus de 70 ans après la mort du dictateur Benito Mussolini.

Les groupes de défense des droits de l'homme font état d'un racisme croissant en Italie face à l'arrivée en masse de migrants venus d'Afrique. La législation actuelle ne sanctionne la propagande fasciste que si elle est considérée comme faisant partie d'un plan pour faire renaître le Parti national fasciste fondé par Mussolini, au pouvoir en Italie de 1922 à 1943.

Si le texte voté par la Chambre des députés est approuvé par le Sénat, la distribution d'objets et d'images fascistes ou nazies sera interdite ainsi que le salut romain exécuté le bras tendu face à soi. Les contrevenants encourent deux ans de prison. La peine pourra être alourdie de huit mois supplémentaires si les représentations prohibées sont distribuées via Internet.

Idéologie freinée

Les partis d'opposition, et notamment le Mouvement 5 étoiles (M5S) de Beppe Grillo et le parti de droite Forza Italia de l'ancien président du Conseil, Silvio Berlusconi, estiment que le texte est attentatoire à la liberté d'expression. Mais Emanuele Fiano, le député du Parti démocrate (PD) au pouvoir à l'origine du texte, récuse ces accusations et estime que la nouvelle loi «freinera le retour de l'idéologie d'extrême droite».

Mussolini, allié d'Adolf Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale, a été exécuté en 1945. Il est toujours admiré par un noyau de partisans de l'extrême droite. Des affiches fascistes apparaissent régulièrement sur les panneaux d'affichage des villes. La dernière en date est l'image stylisée d'une femme blanche agressée par un Noir musclé.

«Défendez-la des nouveaux envahisseurs», dit l'affiche, lancée par le micro-parti Forza Nuova, en référence à une affaire de viol qui a fait grand bruit le mois dernier. Quatre étrangers ont été accusés de viol en réunion contre une touriste polonaise.

(L'essentiel/nxp/ats)