Royaume-Uni

09 juillet 2018 07:34; Act: 09.07.2018 10:41 Print

Le ministre du Brexit de May a démissionné

David Davis, le ministre britannique eurosceptique en charge du Brexit, a démissionné dimanche, avec effet immédiat.

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David Davis a préféré partir. (photo: AFP/Daniel Leal-Olivas)

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Le ministre britannique en charge du Brexit, David Davis, a démissionné dimanche. Il s'agit d'un camouflet pour la Première ministre Theresa May qui pensait avoir obtenu les coudées franches pour négocier la future relation avec l'Union européenne. La démission intervient en effet deux jours après une réunion du cabinet britannique qui avait abouti à l'annonce d'un accord sur la volonté de maintenir une relation commerciale post-Brexit étroite avec l'UE. Un accord qui ne plaît pas à David Davis.

Âgé de 69 ans, cet eurosceptique convaincu, a estimé dans sa lettre de démission publiée par Downing Street que la voie suivie ne permettrait pas de délivrer ce pour quoi les Britanniques avaient voté. Sa démission a été suivie de celle des secrétaires d'État au Brexit Steve Baker et Suella Braverman, toujours selon les médias britanniques. «Au mieux, nous serons dans une position de faiblesse pour négocier» avec Bruxelles, a estimé ce vieux routier de la politique britannique. Or, l'intérêt national exige un ministre du Brexit qui croie fermement en votre approche, et pas seulement un conscrit réticent», a-t-il ajouté. Dans une lettre adressée à David Davis, Theresa May a elle remercié «chaleureusement» sa contribution «à certaines des législations les plus importantes pour des générations».

»Position intenable«

David Davis avait été nommé en juillet 2016 pour prendre la tête du ministère créé au lendemain du vote des Britanniques pour quitter l'UE. Il a été secrétaire d'État aux Affaires européennes de 1994 à 1997, avant de tenter de prendre la direction du Parti conservateur en 2005, échouant face à David Cameron.

Cela faisait des mois que la rumeur de sa démission courait mais il s'était toujours montré loyal en public envers Mme May. «Son insatisfaction au sein du gouvernement n'était un secret pour personne, mais après l'accord (de vendredi) pour garder avec l'UE des liens plus étroits qu'il ne le souhaite, sa position était intenable», a estimé l'analyste politique de la BBC Laura Kuennsberg. Le député conservateur Peter Bone a salué la décision de M. Davis, jugeant que les propositions de la Première ministre n'avaient de Brexit «que le nom» et n'étaient «pas acceptables».

Inquiétudes

Ces propositions prévoient de mettre en place une zone de libre échange et un nouveau modèle douanier avec les 27, afin de maintenir un commerce «sans friction» avec le continent. Theresa May doit les présenter lundi aux députés britanniques ainsi qu'à son parti conservateur, avant de les soumettre à Bruxelles. Theresa May doit leur dire que son projet est «le bon Brexit», «le Brexit qui est dans l'intérêt national». Mais la réunion s'annonce désormais houleuse, avec des députés conservateurs favorables à un Brexit dur en embuscade.

Monde économique mécontent

Le monde économique a fermement rejeté le plan. Dans une lettre ouverte, le fondateur de la marque de boissons Innocent, Richard Reed, rejoint par une centaine d'entrepreneurs et dirigeants d'entreprise, dont ceux de Pret, Domino's ou Yo!Sushi (agro-alimentaire), Zoopla (immobilier) ou Net-a-porter (distribution de vêtements), ont dénoncé la proposition. «Le coût, la complexité et la bureaucratie engendrés par la sortie de l'union douanière et l'adoption d'arrangements alternatifs sont la dernière chose dont nos entreprises ont besoin», ont-ils affirmé. «Cela revient à une tentative, par le gouvernement, de lier les mains des entreprises britanniques», ont-ils déploré. Ils exigent eux le maintien du Royaume-Uni dans l'union douanière de l'UE.

Le groupe Philips, qui emploie 1 500 personnes au Royaume-Uni, a, lui, annoncé étudier une possible fermeture de son usine de Glemsford (sud-est de l'Angleterre). Il n'est pas le premier. Les groupes Airbus, BMW ou Jaguar ont déjà mis en garde les autorités britanniques, ces derniers jours, sur les conséquences économiques que pourrait avoir une sortie du marché unique.

(L'essentiel/nxp/ats)