Résultats des législatives

05 mars 2018 07:21; Act: 05.03.2018 11:47 Print

L'Italie plongée dans l'incertitude politique

Une percée historique des forces antisytème, eurosceptiques et d'extrême droite, majoritaires en voix et en sièges après les législatives, dimanche, en Italie, bouleversent la donne.

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«Le Mouvement 5 Étoiles sera le pilier de la prochaine législature», a déclaré dimanche soir un de ses dirigeants, Alfonso Bonafede. (photo: AFP)

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«Pour la première fois en Europe, les forces antisystème l'emportent», a résumé l'éditorialiste du quotidien La Stampa. La coalition formée par Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue et le petit parti Fratelli d'Italia (Frères d'Italie), obtient certes quelque 37% des voix, selon des résultats partiels portant sur 2/3 des bureaux de vote. Mais à l'intérieur de cette coalition, c'est la Ligue de Matteo Salvini, formation eurosceptique et anti-immigration, alliée de Marine Le Pen en Europe, qui est en tête.

Et si cette alliance devait l'emporter en termes de sièges, ce qui semblait hors de portée au vu des résultats partiels, Matteo Salvini, qui a promis d'expulser des centaines de milliers d'immigrés «clandestins», serait en droit de réclamer le poste de Premier ministre. Les antisystème du Mouvement 5 Étoiles (M5S) réalisent de leur côté une percée historique, devenant le premier parti en Italie avec un score frôlant les 32%, quelques mois après la victoire du Brexit en Grande-Bretagne et de Donald Trump aux États-Unis.

«Aucune forme de "gouvernabilité"»

Désormais, «tout le monde devra parler avec nous», s'est réjoui l'un de ses dirigeants, Alessandro Di Battista, après une campagne dirigée contre la corruption et la «caste» politique italienne. La Ligue a martelé de son côté tout au long d'une campagne émaillé d'incidents violents, un discours anti-immigration et méfiant à l'égard de «Bruxelles», qui semble avoir porté, dans un pays en proie à l'euroscepticisme et où quelque 690 000 migrants ont été accueillis depuis 2013. «D'abord les Italiens», «Stop à l'invasion», ...les affiches électorales au siège de la Ligue à Milan rappelaient dimanche ces grands thèmes martelés par Matteo Salvini, 44 ans, tout au long de sa campagne, du nord au sud de la péninsule.

«Mon premier commentaire: merci!», a tweeté vers minuit le dirigeant de la Ligue, qui n'a pas prévu de s'exprimer avant lundi matin. Silvio Berlusconi, qui s'était présenté à Bruxelles comme le seul rempart contre les populistes et les forces anti-euro, a donc perdu son pari. Nigel Farage, ex-chef de l'Ukip, parti pro-Brexit en Grande-Bretagne, a d'ailleurs félicité sur Twitter ses «collègues» du M5S. Ce mouvement, fondé par le comique Beppe Grillo en 2009, avait déjà créé la surprise en raflant 25% des voix aux dernières législatives de 2013, et s'assure une position centrale dans le futur parlement si son score est confirmé.

Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi a de son côté confirmé dans les urnes le mauvais résultat anticipé par les sondages avec un score inférieur à 20%, selon ces estimations, soit moitié moins que celui obtenu aux élections européennes de 2014. L'absence de majorité pour la coalition de droite, si elle devait se confirmer, contraint les leaders politiques italiens à des calculs et des tractations, qui s'annoncent longs et complexes. Une alliance des populistes du M5S et de l'extrême-droite de la Ligue, est la seule possible pour obtenir une majorité parlementaire, au vu des résultats partiels. Or, les dirigeants de ces deux formations ont jusqu'à présent catégoriquement rejeté cette éventualité.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • pépé réaliste le 05.03.2018 09:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le début de la fin de l'Europe, comme elle fonctionne aujourd'hui, est en route et va s'amplifier très rapidement. Le laxisme de la gestion de la crise migratoire en est la 1ère cause. Le monstre de la bureaucratie et de l'autoritarisme de l'UE est la 2ème. L'association économique de la CEE des 12 était la solution. La mégalomanie des 27 états va conduire l'EU à sa perte...comme l'URSS

  • steve le 05.03.2018 08:58 Report dénoncer ce commentaire

    Pourqoui «clandestins»? S'ils n'ont pas de documents en règle, ils sont clandestins. Sans guillemets!

  • FullmétalJF le 05.03.2018 08:51 Report dénoncer ce commentaire

    Peu importe qui a gagné ou perdu et si c'est une défaite pour l'UE, l'important est de former un gouvernement qui prendra toutes les mesures possibles pour stopper l'immigration invasive par la Méditerranée et s'inspirera à cet égard de la politique menée par les Etats du goupe dit de Visegrad et l'Autriche.

Les derniers commentaires

  • thierry 54 le 05.03.2018 13:40 Report dénoncer ce commentaire

    le probleme est que le vote des personnes qui s expriment n est pas pris en compte il suffit de voir ce pays de France si les citoyens Italiens arrivent aux pouvoirs et sortent de ce cloaque q uest l europe et impose de nouvelles frontieres je m en rejouis pour eux

  • Pierrot le 05.03.2018 13:20 Report dénoncer ce commentaire

    On a vu comment M5S gérait bien Rome. Aussi corrompus que les anciens en plus d'être incompétents. Mettez-les au pouvoir et ils disparaîtront en moins d'un an.

    • federico le 05.03.2018 14:08 Report dénoncer ce commentaire

      les pouvoirs en place ont laissés volontairement Rome au M5S, la situation de Rome avant l'arrivée du M5S était déjà condamnée d'avance. Ainsi on peut montrer du doigt le M5S et avoir tout loisir de le discrediter en prétextant la situation de Rome. C'est ce qu'on appelle de la basse politique

  • Luxo le 05.03.2018 13:20 Report dénoncer ce commentaire

    @pépé @fullmétalJF. C'est une défaite pour l'UE car elle n'a pas été capable d'accueillir et de répartir les migrants. C'est une défaite pour ceux qui veulent stopper l'immigration. C'est l'échec de ceux qui veulent fermer leurs portes et les frontières. C'est l'echec des pays riches du nord qui ne sont pas solidaires avec les pays pauvres du sud....

  • Luxo le 05.03.2018 13:09 Report dénoncer ce commentaire

    Notre Pays le GDL et d'autres pays du Nord ont leur part de responsabilité. L'italie à accueilli 690 000 migrants et nous mille fois mois. Il n'est pas possible de laisser l'Italie et la Grèce se débrouiller avec tous les nouveaux arrivants. Les migrants doivent être répartis dans tous les états et les pays les plus riches doivent être aussi les plus généreux. Je comprends les Italiens qui ne veulent plus de l'UE qui a abandonnée les pays qui voient les migrants arrivés par milliers sur leurs plages.

    • Voos le 05.03.2018 13:41 Report dénoncer ce commentaire

      Faux, ultra faux. Le GDL a accueilli plus que 690 réfugiés!!!!

    • Voos le 06.03.2018 10:19 Report dénoncer ce commentaire

      Vindulux dit que nous n'avons pas accueilli un millième de 690.000, un millième de 690.000 = 690! Avons nous accueilli moins que 690 réfugiés? Non nous en avons accueilli plus! Pourquoi donc le pouce vers le bas!

  • John le 05.03.2018 12:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Si vous croyez vraiment que le vote des extrêmes est la solution à tous les problèmes et que UE est fautive pour ce qui se passe en Europe, à vous de voir. Pour ma part, j’ai peur pour le futur de mes enfants et petits enfants et je ne vois vraiment pas comment ses partis politiques vont faire mieux que les autres partis!! Ou va notre monde?????