Allemagne/Nazisme

13 mai 2019 08:15; Act: 13.05.2019 12:42 Print

«Nous voulons rendre leur dignité aux victimes»

Des victimes du nazisme, qui ont fait l'objet d'expérience médicales durant la guerre, sont inhumées à Berlin. Des restes microscopiques avaient été retrouvés il y a peu.

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Beaucoup de médecins occupant des postes de direction ont transformé leurs cliniques et instituts en lieux de mise en œuvre de la médecine raciale et de destruction des nazis. (photo: Illustration)

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La ville de Berlin inhume, ce lundi en présence des descendants, les restes microscopiques, récemment retrouvés, de victimes du nazisme dont les corps avaient fait l'objet d'expérience médicales durant la guerre, un épisode méconnu de la période hitlérienne. Cette cérémonie peu commune à l'initiative du grand hôpital de la capitale allemande, Charité, est le résultat de trois années de recherches. Elle est prévue vers 15h dans le cimetière de Dorotheestadt en présence d'un rabbin et de membres de l’Église protestante.

«Avec l'inhumation des échantillons microscopiques» prélevés à l'époque sur les corps, «nous voulons rendre un peu de leur dignité aux victimes», a indiqué le directeur de l'hôpital Charité, Karl Marx Einhäupl. L'initiative entre dans le cadre des efforts seulement récents entrepris par l'hôpital pour «affronter son passé», souligne le mémorial de la Résistance allemande, coorganisateur de la cérémonie. Car «beaucoup de ses médecins occupant des postes de direction ont transformé, durant la période national-socialiste, leurs cliniques et instituts en lieux de mise en œuvre de la médecine raciale et de destruction des nazis».

Essentiellement des femmes

Des opposants au national-socialisme qui sont mis en terre, il ne subsiste que 300 tissus posés sur des lamelles de laboratoires qui ont été retrouvées dans de petites boîtes par les héritiers du médecin anatomiste qui réalisait ses expériences à l'époque hitlérienne, Hermann Stieve. Ces restes, à peine visible à l’œil nu, ont été confiés en 2016 au professeur Andreas Winkelmann pour tenter de leur redonner une identité. S'il lui a été impossible de déterminer avec exactitude le nombre de personnes concernées par ces 300 échantillons, M. Winkelmann a néanmoins pu travailler sur vingt noms et des indices chiffrés établissant un lien clair avec la prison de Plötzensee, où quelque 2 800 personnes ont été pendues ou guillotinées par les nazis entre 1933 et 1945.

À la demande des familles, les victimes dont les restes sont inhumés ne seront pas publiquement identifiées. Mais l'on sait que la plupart étaient des femmes. Car Hermann Stieve, qui fut directeur de l'Institut universitaire d'anatomie de Berlin de 1935 jusqu'à à sa mort en 1952, avait une spécialité: l'étude des effets du stress et de la peur sur le système reproductif féminin.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • gils le 13.05.2019 18:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Encore!!! Et les autres génocides?!

  • Olieef le 13.05.2019 10:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il faut tourner la page mais le Russe a raison, honorer les victimes ...

  • Question sans réponse le 13.05.2019 11:20 Report dénoncer ce commentaire

    Je suis parfaitement d'accord de ne jamais oublier ces horreurs.

Les derniers commentaires

  • Nathielux le 13.05.2019 21:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il ne faut jamais oublier ce génocide, et d autres .

  • Sowat le 13.05.2019 19:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    on ne peut tourner la page sur aucun génocide, aucune guerre. Aucun tortionnaire n'a droit à l'oubli. Le devoir de mémoire est l'un des plus importants et l'affaire de chacun d'entre nous. Il faut se souvenir aujourd'hui de ce qui s'est passé hier afin que cela ne se reproduise pas demain.

    • Fredo le 13.05.2019 21:11 Report dénoncer ce commentaire

      @ Sowat: Mais bien sur souvenons nous de ces horreurs de telle sorte que nos enfants ou petit enfants puissent dire ont peux le faire vu que nos grand parents l'ont fait. Pourquoi ne pas reparler des réjouissance de l'inquisition ou des tortures du moyen âge plus terrible encore?????

  • gils le 13.05.2019 18:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Encore!!! Et les autres génocides?!

    • Luxo le 14.05.2019 11:18 Report dénoncer ce commentaire

      On en parle aussi il me semble! Sur quel génocide garde-t-on le silence?

  • j-pierre le 13.05.2019 17:21 Report dénoncer ce commentaire

    Toujours rappeler les horreurs qu'est capable de faire l'être humain dans un contexte de haine et de violence. Le chômage, la pauvreté, l'injustice sociale sont le terreau des dictateurs avides de pouvoir et prêts à tout pour y parvenir. L'instruction, la culture, n'ont pas empêché à des milliers de personnes hautement qualifiées de prendre part à toutes ces expériences, tortures , et massacres. Un Homme avertit en vaut deux, soyons toujours vigilants.

  • La Mouche le 13.05.2019 11:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @Le Suisse : c'est en se souvenant des erreurs du passé que l'on peut forger son avenir, notamment en évitant de reproduire les mêmes erreurs...

    • @La Mouche le 13.05.2019 14:18 Report dénoncer ce commentaire

      Même en se faisant aider, certains ont la mémoire qui flanche.

    • Le Suisse le 13.05.2019 15:21 Report dénoncer ce commentaire

      @La Mouche: parce que vous trouvez que les erreurs ne se reproduisent pas...eh bien...Par exemple au Yémen, rien que pour ne citer que celui là...

    • La Mouche le 13.05.2019 16:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      C'est à ça que sert l'étude de l'Histoire à l'école à la base... Après ca qui la faute si les dirigeants et les électeurs décident de reproduire la même erreur ? On ne peut que conseiller, pas obliger...