Automobile en Allemagne

29 janvier 2018 11:04; Act: 29.01.2018 15:32 Print

Suspicion de tests sur des singes et humains

Les constructeurs allemands Volkswagen, Daimler et BMW sont soupçonnés d'avoir effectué des tests d'émissions de gaz diesel sur des singes mais aussi des humains.

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Ces expériences avaient été conduites en 2014 sur le sol américain par un organisme européen sur la santé dans le secteur du transport, l'EUGT, fondé par Volkswagen, Daimler, BMW et Bosch. (photo: AFP)

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Dès samedi, Volkswagen a indiqué prendre «clairement ses distances avec toute forme de maltraitance d'animaux», après la révélation par le New York Times de tests menés sur des singes pour le compte des trois constructeurs ainsi que de l'équipementier allemand Bosch. Ces expériences avaient été conduites en 2014 sur le sol américain par un organisme européen sur la santé dans le secteur du transport, l'EUGT, fondé par les quatre groupes.

Mais l'affaire a pris une nouvelle dimension lundi, lorsque le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung a affirmé que des tests sur les effets de l'inhalation d'oxydes d'azote (NOx) avaient également été effectués sur quelque 25 êtres humains en bonne santé. «Nous nous distancions expressément de l'étude et de l'EUGT», a commenté lundi un porte-parole de Daimler. «Nous sommes consternés par l'ampleur des études et leur mise en œuvre», a-t-il ajouté, affirmant que sa filiale Mercedes-Benz «condamne les expériences dans les termes les plus forts».

Des expérimentations «absurdes et inexcusables»

BMW, également sollicité, n'avait pas encore réagi en matinée. «Je suis écœurée d'apprendre les révélations sur les tests d'émissions concernant les humains et les singes», a commenté à son tour la ministre allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks. «Il est bon - et c'est le moins qu'on puisse attendre - que les constructeurs automobiles allemands se soient distanciés des tests et se soient excusés. Les dessous de ce scandale doivent être rapidement mis au jour», a ajouté la ministre.

Bernd Althusmann, ministre de l'Économie de Basse-Saxe, un État-région actionnaire de VW, a pour sa part qualifié ces expérimentations animales d'«absurdes et inexcusables», a rapporté l'agence DPA. M. Althusmann appelle lui aussi de ses vœux une «enquête approfondie», ainsi que des «conséquences personnelles graves» pour les responsables de ces tests.

Christian Schmidt, ministre fédéral allemand de l'Alimentation et de l'Agriculture, a pour sa part estimé qu'après le scandale des moteurs diesel truqués en 2015, ces deux nouvelles affaires montraient que la confiance en l'industrie automobile était «à nouveau écornée». Il a demandé à la commission d'enquête chargée du «dieselgate» de se pencher sur ces accusations.

(L'essentiel/afp)