Dans un zoo à Copenhague

09 février 2014 10:52; Act: 09.02.2014 21:40 Print

Le girafon en parfaite santé a été euthanasié

L'animal, âgé d'un an et demi, a trouvé la mort en raison d'un problème de consanguinité. Son corps a été autopsié puis dépecé pour nourrir les fauves du zoo danois.

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Marius doit être exécuté pour éviter la consanguinité entre girafes.

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«Il a été abattu à 9h20. Cela s'est passé comme prévu», a précisé M. Stenbaek Bro. «Le zoo ne s'attendait pas à l'émotion soulevée par le sort de l'animal. C'est toujours le droit des gens de protester». Le zoo avait longuement expliqué sur son site Internet mercredi qu'il n'avait pas d'autre choix que de ne pas laisser le girafon devenir adulte. Dans le cadre de l'Association européenne des zoos et des aquariums (EAZA), il est en effet tenu d'éviter la consanguinité entre girafes.

Or, la castration a été jugée plus cruelle et aurait «des effets indésirables». Et la réintroduction dans la nature est un processus qui a peu de chances de réussir et qui, dans le cas des girafes, n'est pas souhaité par les pays africains. Pour des raisons génétiques, Marius n'a pas pu trouver refuge dans l'un des autres établissements du réseau de l'EAZA, qui en compte 300. Dimanche matin, plus de 5200 d'entre eux étaient inscrits à un groupe Facebook appelé «Sauvez Marius».

Près de 3 400 avaient signé une pétition en danois sur skrivunder.net, et près de 24 000 une autre pétition, en anglais, sur thepetitionsite.com, soit 10 fois plus que samedi soir. Cependant, la campagne en faveur du girafon a été ignorée par les deux principales associations de défense des animaux danoises, Dyrenes Beskyttelse («protection des animaux») et Anima (pour le véganisme). Le zoo de Frösö, à Ostersund (Suède), qui n'est pas membre de l'EAZA, a révélé samedi au quotidien suédois Expressen avoir demandé sans succès à récupérer Marius.

Interrogé par ce même journal, un responsable de l'Association des zoos suédois, Jonas Wahlström, a dit comprendre l'euthanasie, mais s'est étonné de l'autopsie ouverte au public. «Si on annonçait ça dans les zoos suédois, je crois que le personnel se ferait presque lapider», a-t-il estimé. Samedi soir, le quotidien danois Ekstrabladet avait aussi rapporté les propos d'un imprésario danois installé à Los Angeles, Claus Hjelmback, qui disait avoir trouvé un acheteur. Dès l'annonce de l'euthanasie, le zoo avait fait savoir que sa politique était de ne pas vendre ses animaux.

(L'essentiel/ afp)