En Allemagne

07 mars 2017 08:41; Act: 07.03.2017 10:44 Print

La justice saisie pour un selfie détourné

La justice allemande doit trancher le litige opposant Facebook et un réfugié syrien, ulcéré par les détournements de son selfie avec Merkel, le présentant comme un «terroriste».

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Facebook avait expliqué qu'il lui était impossible de repérer tous les détournements d'images. (photo: AFP)

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Anas Modamani, 19 ans, veut que la cour ordonne à Facebook Ireland Limited, filiale européenne du groupe, d'empêcher la diffusion de ces photos «qui l'associent à des infractions pénales ou des attaques terroristes». La chambre civile du tribunal de Wurtzbourg (centre) doit rendre sa décision à 13h30.

Le jeune homme avait pris en septembre 2015 un «selfie» avec la chancelière venue visiter un centre pour réfugiés de Berlin. Le cliché avait alors fait le tour du monde, symbolisant la main tendue par l'Allemagne aux centaines de milliers de personnes fuyant guerre et misère, au plus fort de la crise migratoire.

«Cette photo a bouleversé ma vie»

L'histoire aurait pu rester un beau souvenir mais elle a tourné à l'aigre: l'image a été détournée et abondamment utilisée dans des photomontages l'impliquant à tort dans des attaques jihadistes ou des faits divers. Anas Modamani s'est ainsi vu associé aux attentats de Bruxelles, du 22 mars 2016, à l'attaque au camion-bélier de Berlin, le 19 décembre, et à une tentative de meurtre d'un SDF berlinois par six adolescents demandeurs d'asile, la nuit de Noël.

Partagés et commentés sur Facebook, ces contenus s'inscrivent plus largement dans une campagne alimentée par des groupes hostiles à l'islam et aux réfugiés, accusant Mme Merkel d'avoir mis l'Allemagne en danger avec sa politique migratoire alors que le pays a accueilli plus d'un million de candidats à l'asile depuis 2015. «Cette photo a bouleversé ma vie... Je suis un homme bien», avait déclaré le jeune réfugié syrien avant l'audience du 6 février, se disant «très satisfait» d'avoir déclenché cette procédure.

Son avocat, Chan-jo Jun, qui assure avoir vainement demandé à Facebook la suppression des images, considère que la diffusion de ces clichés détournés relèvent «de la diffamation» et de la violation du «droit à l'image». Ce juriste est à l'origine de plusieurs procédures visant Facebook en raison de la diffusion de contenus racistes. C'est la première à être allée jusqu'au procès.

(L'essentiel/AFP)