En Allemagne

14 janvier 2021 15:47; Act: 14.01.2021 18:20 Print

400 cercueils reçus par semaine, «une catastrophe»

La ville de Meissen, dans l'est de l'Allemagne, doit faire face à une hausse dramatique du nombre de morts, victimes du Covid-19. Certains cercueils sont les uns sur les autres.

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Sur certains cercueils est apposée la mention «risque d'infection», sur d'autres on a inscrit à la craie «corona», beaucoup portent aussi l'avertissement «pas de service mortuaire».

Au crématorium de Meissen, dans l'ex-RDA (est de l'Allemagne), jusqu'à trois cercueils sont empilés les uns sur les autres, dans la salle réservée d'ordinaire au recueillement des proches, quelques-uns sont même stockés dans les couloirs en attendant l'incinération.

«Nous sommes en état de catastrophe»

La Saxe, où se trouve Meissen, est l'une des régions les plus frappées par la pandémie alors qu'elle avait été relativement épargnée par la première vague au printemps dernier. En trois décennies, Jörg Schaldach, directeur de ce crématorium, n'avait jamais vu autant de morts sur une période aussi longue.

«Cela a commencé à la mi-novembre. Les chiffres ne cessent d'augmenter», confie-t-il à l'AFP. «Le problème, c'est que les chambres froides funéraires sont pleines. Nous sommes en état de catastrophe», poursuit-il. La direction n'a donc pas eu d'autre choix que d'utiliser la salle de cérémonie et de recueillement pour y déposer des cercueils.

Engorgement

Les bancs et les chaises sur lesquels s'assoient d’ordinaire les proches ont été poussés dans le fond de la pièce pour faire place à des rangées de cercueils en bois. Beaucoup sont entourés d'une bande de film transparent utilisé pour sceller une seconde fois ceux des victimes du nouveau coronavirus.

«À l'heure actuelle, nous recevons 400 (cercueils) en une semaine pour être incinérés», deux fois plus que le nombre habituel en hiver, selon M. Schaldach. Pour faire face, le crématorium de Meissen travaille désormais 24h sur 24, sept jours sur sept avec deux fours et 60 crémations quotidiennes.

Le personnel effectue des heures supplémentaires et renonce à ses week-ends. Des retraités ont été rappelés pour aider. Pour le directeur du crématorium de Meissen, les autorités allemandes auraient dû prendre des restrictions rigoureuses plus tôt.

(L'essentiel/afp)