Grande-Bretagne

19 juillet 2018 19:38; Act: 19.07.2018 21:08 Print

Brexit: les 27 doivent se préparer à un échec

L'exécutif européen a diffusé un texte qui «invite les États membres et les acteurs privés à intensifier leurs préparatifs» en anticipant tous les scénarios possibles.

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Les pays de l'UE et les entreprises doivent «intensifier leurs préparatifs» aux répercussions qu'aura le départ du Royaume-Uni de l'Union, notamment en cas d'échec des négociations sur l'accord censé organiser le divorce, a exhorté jeudi la Commission européenne. De son côté, Londres veut intensifier les négociations afin de parvenir au meilleur accord possible.

L'exécutif européen a diffusé un texte qui «invite les États membres et les acteurs privés à intensifier leurs préparatifs» en anticipant tous les scénarios possibles, y compris celui d'une «rupture brutale», au moment où les conservateurs britanniques au pouvoir à Londres n'ont de cesse de se déchirer sur leur stratégie de sortie de l'UE.

«Si l'accord de retrait n'est pas ratifié avant le 30 mars 2019, il n'y aura pas de période de transition et le droit de l'UE cessera de s'appliquer» pour le Royaume-Uni et au Royaume-Uni, a souligné la Commission dans le document qu'elle a rendu public jeudi. Parmi les domaines dans lesquels il y aura des répercussions à anticiper, l'exécutif européen cite les contrôles aux frontières extérieures de l'Union et «les différentes règles applicables aux transferts de données» entre les deux entités.

Accord d'ici octobre

Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d'ici à octobre, pour permettre aux Parlements européen et britannique de le ratifier avant la concrétisation du Brexit. Cet accord inclurait notamment une période de transition jusqu'à fin 2020, pour atténuer les nombreux effets du retrait britannique.

Mais les négociations traînent en longueur et butent en particulier sur la question de la frontière qui va séparer l'Irlande, entre le Nord, un territoire qui appartient au Royaume-uni, et le Sud, un État membre de l'UE. Elles sont en outre rendues encore plus complexes par les fortes dissensions au sein du gouvernement britannique, où les eurosceptiques contestent la stratégie de la Première ministre. Theresa May a ainsi dû faire face aux récentes démissions de son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson et de celui chargé du Brexit David Davis.

Londres veut aussi intensifier

Le successeur de M. Davis, Dominic Raab, est attendu jeudi à Bruxelles pour y rencontrer le négociateur en chef du Brexit pour l'UE, le Français Michel Barnier, à l'issue d'une semaine de négociations. Et le nouveau ministre compte bien profiter de ce délai.

Il veut «intensifier» les négociations avec l'UE afin de parvenir au meilleur accord possible pour son divorce, a déclaré Dominic Raab jeudi. «Nous avons fait beaucoup de progrès dans l'accord de retrait mais il y a encore des lacunes que nous devons combler». Et «comme Michel (Barnier) nous l'a dit, l'horloge tourne», a admis M. Raab.

Filet de sécurité pour l'Irlande

«Il reste treize semaines avant le Conseil européen (sommet) du mois d'octobre. Pendant ce court laps de temps, nous devons faire deux choses: finaliser l'accord de retrait, et nous n'en sommes pas encore là, et préparer une déclaration politique sur notre future relation», a pour sa part averti Michel Barnier.

«Sur le retrait, il est urgent de convenir d'un filet de sécurité juridique pour l'Irlande et l'Irlande du Nord. Nous avons besoin d'une police d'assurance», a souligné M. Barnier. «Pour notre relation future, nous avons proposé un projet d'accord de libre-échange ambitieux et un partenariat étroit en matière de sécurité. Notre défi sera de trouver un terrain d'entente sur les principes fondamentaux de l'UE et du Royaume-Uni».

(L'essentiel)