Prolongation du glyphosate

09 novembre 2017 08:30; Act: 09.11.2017 10:50 Print

«Cinq ans, c'est beaucoup trop long pour nous»

LUXEMBOURG/UE - La Commission européenne remet jeudi sur la table la licence du glyphosate, herbicide controversé. L'avis du Luxembourg est bien tranché.

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Manifestation contre le glyphosate à Bruxelles. (8 novembre 2017)

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op Däitsch
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Face à des États membres toujours divisés sur le glyphosate, la Commission européenne va soumettre une nouvelle proposition jeudi, visant à renouveler pour cinq ans et non plus dix ans la licence de cet herbicide controversé. Cinq semaines. C'est le temps qu'il reste avant l'expiration de la licence actuelle, le 15 décembre. L'horloge tourne et l'exécutif européen peine à rassembler la majorité qualifiée nécessaire pour prendre une décision sur la poursuite ou non de l'utilisation du glyphosate sur le territoire de l'UE.

La Commission avait initialement prévu un vote le 25 octobre, mais après avoir sondé les membres du comité technique chargé du dossier, elle avait renoncé. Lors d'une réunion entre experts, à Bruxelles, elle revient donc jeudi avec une nouvelle proposition, portant sur une période de cinq ans. Soit moitié moins que sa proposition originale de 10 ans mise sur la table après le feu vert de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa).

Pas de majorité selon Etgen

Le ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a assuré mercredi, à la veille de la réunion, que la France, membre de poids dans le cas d'un vote à majorité qualifiée (55% des États membres et 65% des habitants), ne votera pas en faveur de cette nouvelle proposition. «Je ne crois pas que la Commission ait une majorité pour une licence de 5 ans», a avancé de son côté le ministre luxembourgeois de l'Agriculture, Fernand Etgen, dans le quotidien Luxemburger Wort. Le Grand-Duché s'y opposera en tout cas et cinq ans, «c'est beaucoup trop long pour nous».

Si le vote a lieu et qu'aucune majorité ne se dessine, un comité d'appel sera organisé. Si la même situation se reproduit, la décision reviendra alors à la Commission. Mais le commissaire à la Santé, Vytenis Andriukaitis, a rejeté à plusieurs reprises l'idée d'assumer seul la responsabilité d'une telle décision, assurant qu'elle devait être «partagée» avec les États membres. «Plusieurs» États s'étaient prononcés en faveur de 15 ans et avaient ajouté que le compromis le plus bas qu'ils pourraient accepter était de 7 ans.

(NC/L'essentiel/AFP)