Berlin

12 octobre 2017 17:39; Act: 12.10.2017 17:45 Print

L'attentat du marché de Noël aurait pu être évité

Un rapport d'enquête sur l'attentat djihadiste du marché de Noël de Berlin a pointé les «grosses erreurs» de la police et de la justice, qui auraient pu arrêter l'auteur des mois avant le drame.

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Après l'attentat survenu au marché de Noël, le 19 décembre 2016.

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«De grosses erreurs ont été commises alors qu'elles n'auraient jamais dû l'être», a estimé l'auteur du rapport, Bruno Jost, lors de sa présentation à la presse jeudi à Berlin. Revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), l'attentat au camion-bélier avait fait 12 morts le 19 décembre. Selon Bruno Jost, il aurait pu être évité «avec une probabilité élevée» au moins plusieurs mois auparavant.

Ancien procureur fédéral, Bruno Jost avait été chargé par la ville de Berlin de faire la lumière sur les raisons qui ont empêché la police d'intercepter l'auteur de l'attaque, Anis Amri, avant l'attentat, alors que ce Tunisien de 24 ans a été surveillé par la police. Dans son rapport, qui porte essentiellement sur les dysfonctionnements au sein de la police et du parquet berlinois, il pointe des services de la police criminelle berlinoise totalement incapables d'assurer la surveillance des islamistes potentiellement dangereux comme Amri.

En tête de liste des islamistes

Ce dernier n'a ainsi été surveillé que quelques semaines, note Bruno Jost : «toutes les observations se sont limitées aux jours ouvrés même pendant les semaines où Anis Amri était placé en tête de liste des islamistes potentiellement dangereux. Le week-end et les jours fériés, il n'y avait aucune surveillance». Mais d'autres polices sont aussi visées. Ainsi selon l'enquêteur, Amri avait été interpellé fin juin à Friedrichshafen (sud-ouest) en possession de deux faux passeports italiens mais avait été relâché.

«Tout ce qui pouvait être mal fait l'a été», a martelé Bruno Jost, dont le rapport intermédiaire rendu en mai avait accusé la police berlinoise d'avoir falsifié un document qui aurait théoriquement pu conduire à l'arrestation d'Amri avant l'attentat. Selon l'édition en ligne de l'hebdomadaire Der Spiegel, «plusieurs passages» relatifs à ces suspicions ont toutefois été biffés dans le rapport final en raison de l'enquête toujours en cours contre les policiers soupçonnés.

(L'essentiel/nxp/afp)