En Belgique

04 janvier 2016 19:53; Act: 04.01.2016 20:09 Print

La centrale nucléaire de Doel inquiète ses voisins

Un réacteur de la centrale nucléaire belge de Doel, qui s'était arrêté samedi trois jours seulement après sa remise en service, a été redémarré lundi, dans un climat d'inquiétude.

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Les autorités néerlandaises et luxembourgeoises sont inquiètes de l'état du parc nucléaire belge. (photo: AFP/Georges Gobet)

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Le réacteur de Doel 1, situé à une vingtaine de kilomètres d'Anvers (nord), à proximité de la frontière avec les Pays-Bas, a été reconnecté au réseau à 11h (10h GMT), a précisé une porte-parole de la centrale citée par l'agence Belga. Le plus vieux réacteur du pays s'était mis à l'arrêt automatiquement samedi à la suite d'un problème survenu à un alternateur, dans la partie non-nucléaire de la centrale.

Cet incident n'a eu «aucun impact sur la sûreté», avait indiqué l'exploitant Electrabel. Le réacteur avait été remis en service le 30 décembre, après avoir été arrêté en février au terme de 40 années de fonctionnement. Puis en juin, le parlement belge avait voté la prolongation pour dix ans de la durée de vie des réacteurs 1 et 2 de Doel.

Même si le nombre d'arrêts imprévus reste dans la moyenne de ces dernières années, l'arrêt samedi de Doel 1 faisait suite à deux autres interruptions impromptues. Le réacteur numéro 1 de la centrale de Tihange, près de Liège (est), avait redémarré le 16 septembre après un entretien, puis s'était arrêté deux jours plus tard après la défaillance d'une pompe. Le réacteur numéro 3 de la centrale de Doel 3 s'était lui arrêté le 25 décembre, quatre jours après une relance.

Le Luxembourg «préoccupé»

«Pour nous, il n'y a pas de raison de s'inquiéter. Sinon, nous serions intervenus», a assuré lundi l'agence fédérale belge de contrôle nucléaire (AFCN). Mais l'inquiétude gagne des pays voisins. D'autant plus que Doel 3 et Tihange 2 ont été relancés fin décembre après un arrêt de près de deux ans lié à des inquiétudes sur leur sûreté, en raison de fissures dans les parois de leur cuve. Les experts avaient donné toutes les garanties de sécurité, après de nombreux tests, mais des partis et associations écologistes allemands ont réclamé un renforcement des contrôles, voire une fermeture définitive de la centrale de Tihange.

Le gouvernement du Luxembourg a également fait part de ses «préoccupations sur les déficiences constatées dans la centrale nucléaire de Tihange». Le 18 janvier, le secrétaire d'État luxembourgeois au Développement durable, Camille Gira, évoquera la question avec le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon. Le 20 janvier, c'est la ministre néerlandaise Melanie Schultz qui accompagnera à Doel Jan Jambon et des experts pour la première mission de contrôle conjointe organisée par les deux pays.

(L'essentiel/AFP)