Italie

05 décembre 2017 14:01; Act: 05.12.2017 14:56 Print

La nouvelle «patronne» de la Cosa Nostra arrêtée

Selon des écoutes, Maria Angela Di Trapani était passée de messagère à donneuse d'ordre au sein de l'organisation.

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Les carabiniers italiens ont annoncé mardi l'arrestation d'une cheffe de clan présumée, fille et épouse de responsables mafieux historiques, surnommée «la patronne» et soupçonnée d'avoir été chargée de réorganiser la Cosa Nostra après la mort de Toto Riina.

Fille d'un boss mafieux mort en cavale, Maria Angela Di Trapani a déjà passé sept ans en prison, pour avoir transmis à l'extérieur les ordres de son mari, Salvino Madiona, un boss condamné à la perpétuité sous un régime carcéral sévère pour le meurtre en 1991 de l'entrepreneur sicilien antimafia, Libero Grassi.

Libérée en septembre 2015, elle est soupçonnée d'avoir alors changé d'affectation, passant de messagère à donneuse d'ordre: selon la presse italienne, des écoutes ont révélé qu'elle était désormais surnommée «la patronne».

25 arrestations

Alors que le parrain des parrains Toto Riina vient de mourir et que de nombreux autres chefs sont en prison ou très contrôlés, l'enquête a révélé une volonté de réorganiser autour de Maria Angela Di Trapani le clan Madonia, selon les carabiniers.

Elle a été arrêtée mardi matin, en même temps que 24 autres personnes, dans le cadre d'un coup de filet auxquels ont participé plus de 200 carabiniers appuyés par des hélicoptères et des équipes cynophiles.

Elle est poursuivie pour association mafieuse, extorsions et tentatives d'extorsions, des faits qui révèlent, selon les carabiniers, «la force d'intimidation» que Cosa Nostra garde pour imposer le «pizzo» (la somme versée pour garantir une «protection») à Palerme.

Insémination artificielle refusée

L'association «Adiopizzo», qui lutte contre ce racket ancestral de la mafia, a lancé mardi un appel: «Maintenant c'est à vous, entrepreneurs et commerçants palermitains, à votre amour-propre, à votre volonté de rachat. Dénoncez et collaborez sans remords».

Maria Angela Di Tommaso avait déjà fait parler d'elle en 2000, quand elle avait réussi à concevoir un enfant avec son mari malgré les conditions de détention draconiennes de ce dernier. En 2007, en dépit d'une décision favorable de la justice, l'administration pénitentiaire avait refusé de l'aider à avoir un second enfant par insémination artificielle.

(L'essentiel/nxp/afp)