En Allemagne

12 octobre 2017 12:57; Act: 12.10.2017 16:18 Print

Les contrôles aux frontières prolongés

L'Allemagne va prolonger jusqu'en mai 2018 les contrôles à ses frontières, a indiqué jeudi le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

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L'Allemagne justifie sa décision par «l'immigration illégale considérable» au sein de l'espace Schengen. (photo: AFP/Guenter Schiffmann)

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La situation sécuritaire au sein de l'Union européenne, où plusieurs pays, dont l'Allemagne, «ont été frappés par des attaques terroristes dramatiques», demeure «tendue», a indiqué dans un communiqué Thomas de Maizière, alors que les contrôles aux frontières allemandes devaient prendre fin le 11 novembre.

Le ministre a encore pointé les «manques» observés «au niveau de la protection des frontières extérieures de l'UE» ainsi que «l'immigration illégale considérable» au sein de l'espace Schengen pour justifier le prolongement «au-delà du 11 novembre», et pour six mois, des contrôles aux frontières.

Un afflux massif de réfugiés

Selon le ministère de l'Intérieur, ils se concentreront sur la frontière avec l'Autriche et sur les liaisons aériennes depuis la Grèce, pays qui a fait face à un gros afflux de migrants. La décision a été prise «en étroite collaboration avec les ministres de l'Intérieur d'Autriche, du Danemark, de Suède et de Norvège», selon M. de Maizière.

Plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, avaient réintroduit, à titre exceptionnel, les contrôles d'identité aux frontières en 2015 en réponse à l'afflux massif de réfugiés, venus notamment de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan. Principale destination de ces demandeurs d'asile, l'Allemagne qui, sous l'impulsion de la chancelière Angela Merkel, en a accueilli depuis 2015 plus d'un million.

Des menaces sécuritaires

La Commission européenne a annoncé début mai qu'elle mettrait un terme en novembre à ces dérogations au sein de l'espace de libre circulation Schengen, arguant que la pression migratoire s'était allégée.

Mais depuis, plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne et l'Autriche, plaidaient pour un assouplissement des règles des rétablissements des contrôles, mettant en avant les menaces sécuritaires et redoutant une nouvelle crise migratoire, avec les migrants toujours plus nombreux venus d'Afrique par la Méditerranée.

Fin septembre, Bruxelles avait proposé de modifier ces règles, avec la possibilité de les rétablir sur une durée pouvant aller jusqu'à trois ans, afin de s'adapter à de "nouvelles menaces" comme le terrorisme.

(L'essentiel/afp)