En Angleterre

05 juillet 2018 08:00; Act: 05.07.2018 10:33 Print

Les deux Britanniques ont été empoisonnés

Les deux Britanniques retrouvés dans un état grave à Amesbury ont bien été exposés au Novitchok, comme dans l'affaire Skripal.

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«Le risque pour le public reste faible», a assuré Neil Basu, le chef du contre-terrorisme britannique.

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Quatre mois après l'empoisonnement d'un ex-agent russe et de sa fille au Novitchok, le cabinet britannique se réunit en urgence jeudi autour de l'affaire du couple retrouvé dans un état critique après avoir été exposé au même agent innervant qui avait empoisonné quatre mois plus tôt un ex-espion russe et sa fille.

La réunion sera présidée par le ministre de l'Intérieur Sajid Javid, tandis qu'un porte-parole de la Première ministre Theresa May a indiqué que l'événement était traité avec «le plus grand sérieux». Les deux Britanniques avaient été retrouvés samedi dans un état critique à Amesbury, un village du sud-ouest de l'Angleterre situé à une quinzaine de kilomètres de Salisbury, la ville où l'ex-espion russe et sa fille, Sergueï et Ioulia Skripal, avaient été empoisonnés en mars.

La police antiterroriste a repris les rênes de l'enquête après l'identification par le laboratoire militaire de Porton Down de la nature de la substance, un agent neurotoxique de conception soviétique. «Ce soir nous avons reçu des résultats d'analyse (...) qui montrent que les deux personnes ont été exposées à l'agent innervant Novitchok», a déclaré à la presse Neil Basu, chef du contre-terrorisme britannique, lors d'un point presse. «C'est le même agent innervant. Ce sera aux scientifiques de déterminer s'il vient du même lot», a-t-il ajouté.

Les victimes, identifiées par un ami comme étant Charlie Rowley et Dawn Sturgess, avaient été retrouvées samedi, dans une habitation d'un quartier résidentiel d'Amesbury. C'est le même laboratoire qui avait déjà identifié le Novitchok comme la substance utilisée pour empoisonner l'ex-espion Sergueï Skripal et sa fille Ioulia en mars. Ils avaient finalement été tirés d'affaire après un lourd traitement médical.

Cette double tentative d'assassinat a été attribuée par le Royaume-Uni, soutenu par ses alliés occidentaux, à la Russie, qui nie. L'épisode a entraîné une crise diplomatique, ainsi que la plus importante vague d'expulsions croisées de diplomates russes et occidentaux de l'Histoire.

Risque «faible»

Concernant les victimes d'Amesbury, «la priorité des enquêteurs est désormais de déterminer comment ces deux personnes sont entrées en contact avec l'agent innervant», a souligné M. Basu. Selon lui, il n'y a «aucune preuve» suggérant que l'homme et la femme «étaient visés d'une quelconque manière».

La police s'est voulue rassurante en affirmant que le risque pour le public restait «faible». C'est la femme, 44 ans, qui a d'abord perdu connaissance samedi autour de 9h15 GMT (11h15, heure de Suisse). Puis l'homme, âgé de 45 ans, est tombé malade et les secours ont été appelés vers 14h30 GMT (16h30).

La police avait initialement émis l'hypothèse d'un incident lié à l'absorption de drogue. Selon M. Basu, «rien n'indique» qu'ils «se soient récemment rendus sur un des sites décontaminés après les tentatives de meurtre ayant visé Sergueï et Ioulia Skripal». Ils sont hospitalisés «dans un état critique» à l'hôpital de Salisbury, avait précédemment indiqué un responsable de la police de Wiltshire, Paul Mills. C'est l'établissement où l'ex-espion et sa fille avaient été traités pendant plusieurs semaines avant de pouvoir sortir.

(L'essentiel/afp)