Allemagne

11 juillet 2018 10:09; Act: 11.07.2018 11:20 Print

Un ministre réjoui par l'expulsion d'Afghans

Le ministre de l'Intérieur allemand, Horst Seehofer, a exprimé mardi sa satisfaction que 69 Afghans aient été expulsés.

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Lors d'une conférence de presse, le ministre s'est prévalu de la hausse du rythme d'expulsion de demandeurs d'asile. (photo: Keystone)

Le ministre allemand de l'Intérieur, le chrétien-social (CSU) Horst Seehofer, a noté avec satisfaction, mardi, que 69 Afghans avaient été expulsés d'Allemagne, le jour même où il fêtait ses 69 ans. Il a présenté son «grand plan sur les migrations».

Lors d'une conférence de presse, le ministre s'est prévalu de la hausse du rythme d'expulsion de demandeurs d'asile.

«Juste le jour de mon 69e anniversaire - et je ne l'avais pas demandé - 69 personnes ont été expulsées vers l'Afghanistan», a-t-il lancé. «C'est bien au-dessus de ce que l'on a fait auparavant».

Président de la CSU depuis octobre 2008, Horst Seehofer se bat pour rester à ce poste, alors même que la formation conservatrice bavaroise est en net recul dans les sondages. Son principal rival à la présidence de la CSU est l'actuel ministre-président de Bavière, Markus Söder.

Accord avec Merkel

Certains, au sein de la CSU, estiment qu'un langage musclé est une bonne manière de contrer le discours anti-immigration du parti xénophobe et eurosceptique AfD (Alternative pour l'Allemagne). Ce dernier a le vent en poupe et a fait son entrée au Bundestag en septembre dernier, devenant le troisième parti en voix derrière la coalition CDU/CSU et le SPD.

Aux législatives du 24 septembre 2017, l'AfD a recueilli 12,64% des suffrages, soit 94 élus au Bundestag, la Chambre basse du parlement allemand, qui compte 709 sièges. La formule utilisée par M. Seehofer concernant l'expulsion des 69 Afghans contraste particulièrement avec le discours mesuré de la chancelière allemande Angela Merkel, qui rappelait la semaine dernière, à propos des migrants et des réfugiés, qu'il ne fallait «jamais oublier qu'il s'agit de personnes».

Horst Seehofer (CSU), en conflit avec Mme Merkel sur la politique migratoire, était à l'origine d'une fronde contre la chancelière, qui menaçait de faire éclater la fragile coalition gouvernementale allemande, difficilement mise en place en mars. Les deux dirigeants ont conclu, il y a une semaine, un compromis prévoyant notamment l'instauration de «centres de transit» à la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche.

(L'essentiel/nxp/ats)