En Grande-Bretagne

25 septembre 2021 11:42; Act: 25.09.2021 14:35 Print

Après Sarah, les Londoniens pleurent Sabina

Six mois après le meurtre de Sarah Everard, des centaines de personnes se sont réunies vendredi à Londres pour rendre hommage à une autre jeune Britannique de 28 ans assassinée.

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Des centaines de personnes sont venues rendre hommage à la jeune femme assassinée. (photo: AFP/Tolga Akmen)

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«Je suis là pour condamner l'horrible meurtre inhumain d'une femme», a confié à l'AFP Paula Martins, résidente du quartier, «Regardez tout le monde qui est venu ! Les gens veulent montrer leur solidarité». Autour de cette maman de 53 ans, particulièrement «traumatisée» par les évènements, des centaines de Londoniens se sont en effet réunis munis de bouquets, bougies ou pancartes, pour assister à quelques discours en l'honneur de Sabina Nessa.

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Cette enseignante de 28 ans avait disparu le vendredi de la semaine précédente, alors qu'elle sortait de chez elle pour se rendre à un bar situé à cinq minutes à pied. Un passant a retrouvé son corps le lendemain, vers 17h30. Selon l'agence de presse britannique PA, elle avait été attaquée à l'aide d'un couteau et retrouvée cachée sous un tas de feuilles.

(AFP)

«La veillée pour Sabina Nessa est un moment important et émouvant pour que toute la communauté se réunisse et soit solidaire avec sa famille en cette période de deuil inimaginable», a indiqué dans un communiqué le maire travailliste de Londres Sadiq Khan, dénonçant «une tragédie» et un «cauchemar». Le Premier ministre Boris Johnson a lui placé une bougie devant la porte du 10 Downing street, adressant «ses pensées» aux proches de la victime. Kate Middleton a également réagi.

La mort de cette jeune femme survient quelques mois à peine après celle de Sarah Everard, Londonienne de 33 ans attaquée en pleine rue puis tuée début mars tandis qu'elle rentrait chez elle: une affaire qui avait bouleversé le Royaume-Uni et relancé le débat sur la sécurité des femmes dans l'espace public.

Dénonçant un «incident incroyablement choquant», la commissaire-adjointe Louisa Rolfe a insisté sur le fait que la police ne demandait pas aux femmes de changer leur comportement lorsqu'elles sortent la nuit, ajoutant qu'elles «devaient être libres de vivre leur vie sans craindre les abus».

«Ça aurait pu être n'importe qui»

Lors d'une conférence de presse vendredi, la police a indiqué rechercher un homme aperçu à proximité du lieu de l'enlèvement grâce à une bande de vidéosurveillance, et a appelé les citoyens à la contacter s'ils le reconnaissaient. Deux personnes, un homme de 38 ans et un autre d'une quarantaine d'année, sans lien apparent, avaient été précédemment arrêtés par Scotland Yard, avant d'être relâchés.

«Ça aurait pu être n'importe qui» à la place de Sabina Nessa, s'attriste Carroll. Toujours «tremblante» et «paniquée», cette trentenaire qui emprunte souvent le même chemin que la victime confesse «désormais regarder par dessus son épaule». «Jusqu'à ce qu'ils arrêtent le tueur, on ne retrouvera pas la paix», affirme-t-elle.

(L'essentiel/AFP)