Politique européenne

16 septembre 2018 17:42; Act: 17.09.2018 14:51 Print

Asselborn et Salvini continuent de s'écharper

LUXEMBOURG/ROME - Le ton n'est pas redescendu entre le Luxembourgeois Jean Asselborn et l'Italien Matteo Salvini, qui se critiquent par médias interposés.

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Matteo Salvini a vivement réagi aux propos de Jean Asselborn. (photo: AFP/Hans Punz)

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La polémique sur les migrants entre le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, et le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, s'est aggravée au cours du week-end, le second ayant notamment traité le premier de «fasciste». Les deux hommes se sont de nouveau affrontés verbalement par médias interposés.

«Le ministre socialiste du paradis fiscal du Luxembourg, après avoir comparé nos grands-pères émigrés italiens aux clandestins d'aujourd'hui, après avoir interrompu mon discours en hurlant "merde", me donne du "fasciste" aujourd'hui», a écrit dimanche, M. Salvini, sur son compte Twitter. «Mais c'est quoi leur problème au Luxembourg? Aucun fascisme, juste le respect des règles. S'il aime tant que ça les immigrés, qu'il les accueille tous au Luxembourg, en Italie on en a déjà trop accueilli», a ajouté M. Salvini, qui est également le chef de la Ligue, un parti d'extrême droite.

«Provocation»

M. Asselborn a accusé M. Salvini, dans une interview accordée samedi au site Internet du Spiegel «d'utiliser des méthodes et le ton des fascistes des années 30». Une pique du ministre italien de l'Intérieur sur l'importation «d'esclaves» africains avait provoqué vendredi, à Vienne, une réaction indignée du ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. Dans une vidéo, on voit M. Salvini prendre la parole à une réunion des ministres européens de l'Intérieur et dénoncer l'idée apparemment formulée auparavant par M. Asselborn selon laquelle l'Europe vieillissante a besoin d'immigrés.

Le ministre luxembourgeois a qualifié la polémique de vendredi, à Vienne, de «provocation calculée», affirmant que la vidéo reprenant la scène a été tournée par les collaborateurs de M. Salvini à l'insu des autres participants et diffusée sur Facebook. «Si on filme les rencontres des ministres de l'UE, ou même ceux des chefs d'État ou de gouvernement, alors il n'y aura plus jamais un débat ouvert», a déploré M. Asselborn.