Crise des migrants

17 septembre 2015 09:15; Act: 17.09.2015 11:42 Print

Asselborn s'est écharpé avec un ministre hongrois

LUXEMBOURG – Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères a eu un échange tendu, mercredi, avec Zoltán Balog sur la télévision allemande, à propos de la crise des migrants.

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Jean Asselborn a eu un échange musclé avec Zoltán Balog. (photo: Capture d'écran ARD)

op Däitsch
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Les relations sont loin d’être apaisées entre Jean Asselborn et la Hongrie. Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, après avoir vivement critiqué la politique de Budapest sur les migrants ces derniers jours, a eu des échanges houleux mercredi soir avec le ministre hongrois des Ressources humaines, Zoltán Balog, sur la chaîne allemande ARD. Lors d’un débat intitulé «L’Europe se brise-t-elle sur la question des migrants?», Jean Asselborn a notamment accusé son interlocuteur de «déformer la réalité».

À l’origine de la brouille, une affirmation du Luxembourgeois, selon lequel l’Europe avait surmonté une crise migratoire au moment des guerres de Yougoslavie dans les années 1990. «Chaque pays avait alors aidé». Zoltán Balog s’est alors emporté. «Que diraient les veuves de Srebrenica si elles vous entendaient dire que l’UE avait maîtrisé la situation?» S’est alors ensuivi un échange tendu entre les deux hommes.

L'Europe au bord de la partition?

Le ministre hongrois est resté sur la défensive, parfois attaqué même par des questions offensives de la présentatrice. C’est finalement le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, qui a calmé le jeu. «Laissez donc la Hongrie tranquille», a déclaré le ministre conservateur, pourtant en désaccord avec la politique du gouvernement de Viktor Orban. «La méthode consistant à barricader ses frontières n’est pas adaptée».

Jean Asselborn, qualifié de «pro-européen à toute épreuve» par le Spiegel, a mis en garde la Hongrie, «sur la voie de l’isolement». Pour le moment, le pays d’Europe centrale a refusé toute aide concernant la crise des migrants. «Des êtres humains victimes des bombardements à Alep viennent frapper à votre porte, et vous les laissez derrière des barbelés», a encore dénoncé le ministre. Selon lui, l’Europe risque la partition si aucune solution n’est trouvée quant à la répartition des migrants.

(jt/L'essentiel)