Brexit

27 novembre 2020 14:15; Act: 27.11.2020 14:57 Print

Au seuil du «No Deal», Barnier retourne au combat

Le négociateur européen repart voir son homologue britannique pour arracher un accord, alors que le Royaume-Uni est à deux doigts d'une sortie de l'UE dans le chaos.

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Michel Barnier. (photo: AFP)

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Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, se rend vendredi soir à Londres, pour reprendre en face-à-face avec le Royaume-Uni les pénibles discussions sur la relation commerciale post-Brexit, désormais à un stade critique. «On n’est pas loin du moment Take it or leave it (NDLR: à prendre ou à laisser), a affirmé le Français lors d’une réunion dans la matinée avec les États membres de l’UE, selon des propos rapportés par des participants.

D’après plusieurs sources européennes, Michel Barnier a répété à cette occasion la ligne déjà avancée jeudi par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen: il est aujourd’hui impossible de dire si un accord est encore atteignable ou non.

Signe de la lassitude et de l’inquiétude qui a gagné les États membres, leurs ambassadeurs ont réclamé «à l’unanimité» lors de cette réunion que l’exécutif européen publie «sans plus tarder les mesures d’urgence et les propositions législatives» en cas de «no deal», c’est-à-dire d’échec à trouver un accord, a expliqué un diplomate européen. La Commission s’est jusqu’à présent refusé à dévoiler ces documents, afin de ne pas envoyer de signal négatif au Britanniques.

Côté britannique, l’homologue de Michel Barnier, David Frost, croit qu’un accord «reste possible», a-t-il tweeté, ajoutant: «Mais pour qu’un accord soit possible, il doit respecter complètement la souveraineté du Royaume-Uni». Il ne reste à Londres et Bruxelles que très peu de temps - «une poignée de jours», selon certaines sources - pour s’entendre sur un accord qui entrerait en vigueur le 1er janvier prochain, quand le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier, cessera définitivement d’appliquer les normes européennes. Sans traité commercial à cette date pour régir leur relation, les deux parties courent le risque d’un nouveau choc économique, qui viendrait s’ajouter à celui provoqué par l’épidémie de coronavirus.

«Convaincus de notre force»

La discussion est d’autant plus compliquée qu’il faut aussi laisser du temps aux Parlements européen et britannique pour ratifier un éventuel accord. Le Parlement européen est prêt à y consacrer les derniers jours de décembre, mais plusieurs sources considèrent que sans texte définitif, la semaine prochaine, ce calendrier sera compliqué à tenir.

Les discussions, entamées en mars, butent toujours sur trois points: l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence et la manière de régler les différends dans le futur accord. «Les mêmes divergences importantes persistent», a souligné vendredi Michel Barnier dans un tweet annonçant son déplacement dans la capitale britannique.

(L'essentiel/AFP)