Brexit

06 août 2020 11:37; Act: 06.08.2020 12:08 Print

Berlin appelle Londres à revenir à la réalité

Les négociations post-Brexit sont au point mort, déplore un haut-fonctionnaire européen allemand, à la manœuvre pour nouer un accord sur la sécurité et la politique étrangère.

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Michael Roth. (photo: AFP)

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Séparés mais pas divorcés. C’est un peu ainsi que pourrait se résumer la situation actuelle du Royaume-Uni qui, s’il a bien quitté l’UE au 31 janvier dernier, bénéficie toujours actuellement d’un accord de transition qui court jusqu’au 31 décembre prochain. En attendant, le gouvernement britannique traîne des pieds pour institutionnaliser ses futures relations avec l’Union européenne, qu’il faudra pourtant rapidement définir.

Aussi, un haut-responsable de la diplomatie allemande a-t-il exhorté le Royaume-Uni à faire preuve de «plus de sens des réalités et de pragmatisme» dans les négociations actuellement en panne pour un accord post-Brexit, dans un entretien à l'AFP.

Dans cette interview réalisée mardi par vidéoconférence à Berlin, le ministre adjoint chargé des Affaires européennes, Michael Roth, déplore aussi que l'exécutif londonien «semble ne pas être intéressé de parler davantage de questions de sécurité et politique étrangère» avec l'UE, dont l'Allemagne a pris la présidence tournante le 1er juillet.

«Il faut être deux pour danser le tango»

«Je suis déçu du fait que Londres s'éloigne toujours plus de la déclaration politique sur laquelle nous nous sommes mis d'accord comme une base des négociations», lance le social-démocrate en charge depuis 2013 des questions européennes au sein du ministère des Affaires étrangères. «Je souhaiterais de la part des responsables à Londres plus de sens des réalités et de pragmatisme», critique-t-il.

Depuis que le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne le 31 janvier, les deux parties ont engagé d'intenses discussions pour définir le cadre de leur nouvelle relation et nouer un accord de libre-échange à l'issue de la période de transition, qui se termine le 31 décembre. Mais les pourparlers patinent face au refus actuel du gouvernement de Boris Johnson de s'engager sur les conditions d'une concurrence équitable et d'un accord équilibré sur la pêche.

«Global Britain»

Concernant la politique de sécurité, il estime que «dans le monde post-coronavirus, qui sera sans doute inconfortable au niveau géopolitique, il est d'autant plus important d'avoir des partenaires dignes de confiance». «Mais il est vrai qu'il faut toujours être deux pour danser le tango. Actuellement, nous dansons tout au plus sur place», constate-t-il.

Boris Johnson avait déjà déçu ses partenaires européens en refusant, contrairement à l'engagement pris dans la déclaration politique scellant le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE, «d'institutionnaliser» les futures relations en matière de sécurité avec l'UE.

Le Royaume-Uni, en pleine redéfinition de sa politique étrangère autour du concept cher aux «Brexiters» de «Global Britain» («Grande-Bretagne mondiale»), a déjà fait valoir que -outre via son engagement dans l'OTAN-, le Royaume-Uni coopérait déjà étroitement avec l'UE, notamment en Iran ou Libye.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Cassez-vous le 06.08.2020 12:53 Report dénoncer ce commentaire

    On a assez joué, c'est un brexit hard et puis c'est tout maintenant! Arrêtons de perdre de l'argent et de l'énergie pour rien.

  • welcom scotland le 06.08.2020 14:05 Report dénoncer ce commentaire

    ils veulent le divorce mais on peur, un peu comme quand il doivent parler une autre langue que l'anglais... il est plus que tpsm de finir avec eux et de lancer l'adesion de l'écosse

  • papy le 06.08.2020 13:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je crois qu’en matière de durée , le feuilleton des feux de l’amour risque d’être un jour battu !

Les derniers commentaires

  • No comment le 08.08.2020 20:11 Report dénoncer ce commentaire

    L'erreur a été faite lors de l'accord sur l'Irlande du Nord. C'est une faute majeure des négociateurs et des politiques de l'Union, mais ils préfèrent ne pas en parler.

  • WhaleWhisperer le 07.08.2020 09:08 Report dénoncer ce commentaire

    Le compte à rebours du Brexit avance impitoyablement de seconde en seconde pour les Brittanniques. La date fatidique du 31 décembre 2020 est depuis longtemps tombée sous le radar à cause du covid19 qui domine actuellement toutes les préoccupations partout dans le monde. Les conséquences dévastatrices économiques du Brexit pour Londres vont s'ajouter aux impacts économiques du covid19. Le UK va vivre un nouveau 1929 l'année prochaine.

  • Atp le 06.08.2020 23:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vive l'Écosse indépendant !

  • raoullux le 06.08.2020 18:41 Report dénoncer ce commentaire

    C'est simple: Donald lui a promis une plus grosse carotte juteuse. Reste à savoir ou il aura la carotte à la fin. J'ai bien une idée mais la décence m'interdit de le dire ici.

  • Atchoum le 06.08.2020 16:03 Report dénoncer ce commentaire

    L'UK importe plus qu'elle n'exporte en UE (de 35mia EUR de mémoire) et évidemment l'allemagne est le premier pays concerné, c'est d'ailleurs bien pour cela que les allemands s'inquiètent. Rien d'étonnant que l'UK ne soit pas pressé de négocier. Contrairement à ce que l'AFP raconte, le hard brexit sera plus dommageable à l'UE que l'UK.

    • raoullux le 06.08.2020 18:35 Report dénoncer ce commentaire

      En valeur absolue vous avez certes raison mais vous oubliez un petit détail: L'UE peut diviser cette perte en 27 parts mais le UK....: 1 ! Et vous pensez sérieusement que l'Angleterre peut remplacer tout ce qu'elle achète chez nous ?

    • Denis G le 06.08.2020 22:54 Report dénoncer ce commentaire

      En outre, l'UK va devoir également négocier des centaines d'accords, dans l'urgence, sous la pression et sans le gateau que représente un marché de 400 Millions de consommateurs... Une grande part de leur "réussite" économique est lié à leur appartenance à l'UE: une protections sociale au rabais et un accès au marché commun. Sortis de l'UE, ils ne sont plus qu'un petit pays très fier de son glorieux passé, comme un vieux magasin défraîchi qui a eu son heure de gloire.