Migrants dans l'UE

20 juillet 2015 16:16; Act: 20.07.2015 22:38 Print

Certains pays rechignent à se montrer solidaires

Les Européens se sont entendus lundi pour délester provisoirement la Grèce et l'Italie de la prise en charge de demandeurs d'asile. Certains pays n'ont offert aucune place.

Le Luxembourg accueillera au moins 350 migrants (contre 368 initialement prévu).

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«Je suis déçu, même si un pas important a été franchi», a tenté de synthétiser le commissaire européen à l'Immigration, Dimitris Avramopoulos. Les ministres de l'Intérieur étaient censés consacrer la solidarité européenne face à l'afflux record de migrants et réfugiés aux frontières de l'Union et aux tragédies à répétition en Méditerranée. «Plus d'effort sera nécessaire» de la part des Etats membres, a souligné le Luxembourgeois Jean Asselborn, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. Il a fixé un nouveau rendez-vous, «fin novembre», pour atteindre au final l'objectif fixé par la Commission, soit 60 0000 personnes sous deux ans.

Le premier mécanisme, dit de relocalisation, concerne 40 000 demandeurs d'asile, qui pourront aussi être Irakiens ou Somaliens, destinés à être pris en charge hors de Grèce et Italie, en rupture des règles européennes réservant cette responsabilité aux pays d'arrivée. Le second, dit de réinstallation, concerne 20 000 personnes bénéficiant déjà du statut de réfugiés mais vivant dans des pays tiers. Pour ce dernier volet les offres ont été plus généreuses, à 22 504 places, grâce aux renforts de plusieurs pays tiers, Norvège et Suisse en tête.

Ne pas «créer un appel d'air»

Mais face aux résistances très vite manifestées au sein de l'UE, la Commission avait dû accepter que cette répartition ne soit pas contraignante, ouvrant la voie aux rabais. M. Asselborn a ainsi pointé des contributions «décevantes, voire embarrassantes». Premiers visés, la Hongrie et l'Autriche, qui n'ont offert aucune place de relocalisation. La Slovaquie, la Slovénie, les Pays baltes et l'Espagne ont aussi rechigné. Cette dernière a offert 1 300 places de relocalisations contre 4 288 demandées.

Les premiers demandeurs d'asile concernés seront transférés hors de Grèce et Italie à partir d'octobre, a précisé M. Asselborn. En échange de cette aide, la Grèce et l'Italie se sont formellement engagées à identifier et prendre les empreintes digitales des migrants irréguliers affluant sur leur territoire, afin de permettre le traçage et l'expulsion de ceux non éligibles à l'asile. L'UE n'entend pas «créer un appel d'air à l'immigration irrégulière, mais mettre fin à la relocalisation sauvage actuellement en vigueur», avec la dispersion incontrôlée des arrivants indésirables, soulignait la présidence luxembourgeoise .

(L'essentiel/AFP)