Coronavirus

16 avril 2020 17:22; Act: 16.04.2020 19:01 Print

«S'en serait-​​elle sortie si je n'avais rien demandé?»

Presque condamnée, une femme gravement atteinte par le coronavirus a été miraculeusement sauvée en étant placée sur le ventre par les soignants. Un procédé qui fait débat.

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Stacey Franco a été sauvée grâce à son mari Adam.

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«Je leur ai demandé s'il n'y avait pas quelque chose de bizarre et de farfelu à essayer». Cette dernière requête lancée par Adam Fresco, a probablement sauvé la vie de sa femme Stacey. Quelques heures auparavant, l'Anglais de 52 ans disait un dernier au revoir à sa bien aimée, alors gravement atteinte après avoir contracté le coronavirus.

Les médecins étaient convaincus que la patiente vivait ses dernières heures. Incapable de se résoudre à cette issue fatale, son mari a donc demandé l'impossible au médecin: tenter quelque chose de désespéré.

C'est ce qu'il a décidé en faisant allonger Stacey sur le ventre pendant plus de 12 heures. Cette technique permet de drainer les fluides dans les poumons et donc d'améliorer la capacité pulmonaire. Progressivement, l'état de l'Anglaise de 50 ans a commencé à s'améliorer. Sortie de réanimation, elle a même pu quitter l'hôpital deux semaines plus tard. «Elle était pourtant la personne la plus malade de tout l'établissement», assure son mari.

«On sauve des vies grâce à cela»

Le miracle a eu lieu, mais cette technique découverte dans les années 70 n'en demeure pas moins controversée. Elle serait même particulièrement dangereuse avec des risques accrus d'attaque cardiaque. «Et si je n'avais rien demandé? Et si cet incroyable médecin ne connaissait pas ce procédé? S'en serait-elle sortie?», s'interroge Adam Franco.

Un argument implacable pour de nombreux soignants qui plaident pour une généralisation de ce procédé. L'Italie, le Portugal ou encore les États-Unis n'hésitent plus à choisir cette option. «On sauve des vies grâce à cela, 100% même», explique le Dr. Mangala Narasimhan, médecin new-yorkais à CNN.

La Faculté de médecine des soins intensifs de Londres va même plus loin en préconisant de placer sur le ventre tous les malades du Covid-19 qui sont encore conscients. Mais cela suppose d'autres défis. Outre les risques de crise cardiaque susmentionnés, le placement «à plat ventre» requiert la mobilisation de beaucoup d'infirmiers pour retourner la personne de manière optimale. En cas d'attaque, les soignants n'ont, par ailleurs, pas la possibilité de réanimer le patient.

(Thomas Holzer/L'essentiel)