Au Portugal

05 mai 2019 22:13; Act: 06.05.2019 10:09 Print

Costa menace de partir, l'opposition recule

L'opposition portugaise a reculé dimanche devant la menace du Premier ministre socialiste Antonio Costa, qui avait averti qu'il démissionnerait si le Parlement approuvait un dégel des carrières des professeurs.

storybild

Antonio Costa a menacé de démissionner, ce qui aurait provoqué des élections anticipées. (photo: AFP/Carlos Costa)

Sur ce sujet
Une faute?

Le chef de l'opposition a annoncé que son parti ne maintiendrait son soutien à un tel dégel que si son impact budgétaire était limité, scellant probablement la fin de cette mesure.

La présidente du parti de droite CDS-PP, Assunçao Cristas, a elle aussi fait savoir dimanche que les 18 députés de sa formation ne confirmeraient leur soutien à cette mesure que si elle était assortie de plusieurs conditions, notamment pour s'assurer qu'elle ne pèsera pas trop sur les comptes publics.

Mais avec ses 89 élus, c'était surtout le PSD qui avait été placé au pied du mur par la menace du Premier ministre, car les deux partis de la gauche radicale favorables à cette mesure avaient déjà indiqué qu'ils n'accepteraient aucun compromis.

Dans ce contexte, il y a peu de chances que l'opposition de droite s'aligne avec le Parti communiste et le Bloc de gauche pour faire passer une mesure rejetée par le gouvernement socialiste minoritaire.

Les législatives le 6 octobre

Jeudi, la commission parlementaire de l’Éducation avait pourtant approuvé le rattrapage des salaires des professeurs bloqués pendant les années d'austérité budgétaire, grâce à l'appui inattendu des deux partis de droite, et des formations de la gauche radicale qui soutiennent l'exécutif.

La version adoptée en commission ne comprenait aucun garde-fou financier. Mais le PSD et le CDS comptent désormais soumettre leurs propositions au vote final du Parlement.

Vendredi, M. Costa, au pouvoir depuis 2015, avait dramatisé la question en menaçant de démissionner si l'Assemblée votait définitivement une mesure qui, selon lui, coûterait 800 millions d'euros par an et anéantirait les efforts réalisés par le Portugal pour arriver à l'équilibre budgétaire, après avoir dû recourir à un plan d'aide internationale en 2011.

La chute du gouvernement entraînerait des élections anticipées alors que les législatives sont prévues le 6 octobre.

(L'essentiel/afp)