Au Portugal

11 octobre 2018 14:35; Act: 11.10.2018 15:01 Print

Des chèvres pour contrer les incendies

Une quarantaine de chevriers ont été mis à contribution au Portugal, pour lutter contre les feux de forêt comme ceux qui ont fait plus d'une centaine de morts en 2017.

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Fernando Moura touchera 125 euros par hectare nettoyé la première année, puis 25 les quatre années suivantes. (photo: AFP/Francisco Leong)

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Des bruyères arrachées, un genêt dépouillé, des plantes et arbustes vite effeuillés: les chèvres de Fernando Moura dévorent la végétation du plus important massif montagneux du Portugal, pour lutter contre les feux de forêt comme ceux qui ont fait plus d'une centaine de morts en 2017. Ce berger de 49 ans et son troupeau de 370 chèvres «sapeurs» font partie d'un projet-pilote lancé en mars, par le gouvernement portugais, pour défricher les zones de maquis afin d'éviter, en cas d'incendie, que les flammes ne se propagent d'une zone boisée à une autre.

«Autrefois, il n'y avait pas tous ces incendies. Il y avait des milliers d'animaux qui nettoyaient en broutant. Et des bergers comme moi, il y en avait des centaines», dit-il. «Aujourd'hui, je suis pratiquement le dernier». Pour les cinq prochaines années, les chèvres de Fernando ont une mission spéciale: sillonner les flancs de la Serra da Estrela, dans le centre du pays, pour nettoyer une cinquantaine d'hectares de broussailles et créer des pare-feux naturels.

«Naturel et économique»

À travers le Portugal, ils sont une quarantaine de chevriers à mettre en œuvre ce projet. «C'est la méthode la plus naturelle et la plus économique», explique Antonio Borges, cadre de l'Institut pour la Conservation de la nature et des forêts (ICNF). Capables d'accéder aux terrains les plus escarpés et rocheux, les chèvres sont plus efficaces que ne le seraient des bulldozers ou des hommes équipés de débroussailleuses.

À l'aube, chaque jour de l'année, M. Moura arpente les crêtes du parc naturel de la Serra da Estrela, sur les plus hautes cimes du territoire continental portugais. Pour ce travail, il touchera 125 euros par hectare nettoyé la première année, puis 25 les quatre années suivantes. Un petit supplément de revenus pour cet homme qui vit du lait, des fromages et de la viande de ses chèvres.

«Un travail de longue haleine»

L'ICNF table sur des résultats visibles rapidement, mais l'efficacité du projet des chèvres «sapeurs» ne pourra être réellement mesurée qu'à son terme, au bout de cinq ans. Fernando Moura reste lucide sur l'état des forêts portugaises. «Il y a beaucoup de végétation laissée à l'abandon près de nos villages», déplore-t-il, assis sur un énorme rocher de granit dominant les pentes. Dans les régions vallonnées de l'intérieur du Portugal, l'exode rural a été particulièrement intense. Bien souvent, seules restent les personnes âgées dans des villages isolés.

Après les incendies meurtriers de l'an dernier, qui avaient fait plus de 100 morts dans le centre du Portugal, cet été a été beaucoup plus calme, avec une surface calcinée en baisse de 60% par rapport à la moyenne des dix dernières années, 40% de départs de feux en moins et aucun mort à déplorer. «Le Portugal reste très vulnérable», prévient toutefois Tiago Oliveira, placé par le gouvernement à la tête d'une équipe d'experts chargée de reformuler le dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêt. «Les nouvelles initiatives de gestion forestière vont mettre des dizaines d'années à produire des résultats, c'est un travail de longue haleine», dit-il au sujet du projet des chèvres «sapeurs».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • la portugaise le 11.10.2018 15:18 Report dénoncer ce commentaire

    Ils en ont mis du temps à comprendre...

  • Mêêêêêêê le 12.10.2018 07:58 Report dénoncer ce commentaire

    Très bonne initiative, par contre il faut encadrer le processus car les chêvres ont la fâcheuse habitude de vite transformer les régions en désert vu qu'elle bouffent tout et n'importe quoi. (véridique!)

  • No comment le 11.10.2018 21:54 Report dénoncer ce commentaire

    Des chèvres créatrices de pare-feux, broutant en couloir. Tout simplement génial! Il devrait envoyer une copie de leur projet au gouverneur de la Californie et à d'autres du Canada.

Les derniers commentaires

  • Luxo le 12.10.2018 12:51 Report dénoncer ce commentaire

    Si le fromage de chèvre était vendu à son juste prix afin que les éleveurs puissent vivre correctement de leurs travail, leurs enfants ne seraient pas contraint de migrer au Luxembourg pour un salaire de misère.

  • sandra le 12.10.2018 08:44 Report dénoncer ce commentaire

    Wow bravo, ils ont allumés leurs neuronnes pour une fois, c etait tellement évident pourtant :-)

  • Mêêêêêêê le 12.10.2018 07:58 Report dénoncer ce commentaire

    Très bonne initiative, par contre il faut encadrer le processus car les chêvres ont la fâcheuse habitude de vite transformer les régions en désert vu qu'elle bouffent tout et n'importe quoi. (véridique!)

  • Jean II le 12.10.2018 07:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est mieux que les moutons , la chèvre est moins sélective . Et pour les propriétaires qui ne débroussaillent pas autour de chez eux ou qui laissent leur terrain en friche , 500 € d'amende par semaine . Et que l'amende soit vraiment appliquée

  • isle le 11.10.2018 22:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Au Portugal, de nombreuses forêts n’appartiennent à personne, ni au privé, ni à l’état... donc ben, personne n’entretient!