En Espagne

21 septembre 2012 08:30; Act: 21.09.2012 10:43 Print

Droits d'auteur pour un ratage devenu culte

La retraitée dont la «restauration» d’un christ avait tourné au désastre est amère. Tout le monde semble tirer profit de son travail - sauf elle!

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Le christ défiguré (à dr.) a attiré 30 000 curieux depuis la fin août. (photo: Keystone)

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Ce printemps, Cecilia Giménez avait pris l’initiative de «sauver» une peinture murale oubliée dans une petite église de Borja, près de Saragosse. Le résultat, découvert le mois dernier, avait fait le tour du monde. L’«Ecce Homo» du XIXe siècle a été si grossièrement repeint qu’il ressemble à présent à un chimpanzé.

Suscitant la consternation des uns et l’hilarité des autres, cette restauration a inspiré aussi bien les publicitaires que les critiques d’art ou les parodistes. Et, depuis quelques semaines, le sanctuaire de la bourgade ne désemplit pas. Il a déjà reçu pas moins de 30 000 visiteurs venus de 160 pays, selon le quotidien local El Correo. Tout le monde veut voir cette œuvre devenue culte. Aussi, samedi dernier, la fondation qui gère l’édifice a-t-elle institué une billetterie. Entrée: 1 euro, dons bienvenus. Au total, ce sont environ 2000 euros qui ont été récoltés.

La somme doit servir à réparer non pas le christ défiguré, mais tout l’édifice, qui date du XVIe siècle. Mais Cecilia Giménez et sa famille ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont contacté des avocats afin de réclamer des droits d’auteur. L’octogénaire, qui aurait mal vécu sa soudaine célébrité, estime qu’après tout, sans son coup de pinceau, l’œuvre, l’église et même la petite ville de Borja seraient restées dans l’obscurité.

(L'essentiel Online/arg)