Belgique/Russie

05 septembre 2018 11:10; Act: 05.09.2018 11:38 Print

Enquête après la mort d'un haut dirigeant belge

Le parquet fédéral belge a ouvert une enquête sur la mort le 29 août dernier, d'un cadre belge, qui avait été retrouvé au pied de son immeuble à Moscou.

storybild

Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral, a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la mort à Moscou, de Bruno Charles De Cooman.

Sur ce sujet

La justice belge a ouvert une enquête sur le décès d'un homme d'affaires belge retrouvé au pied de son immeuble à Moscou, et veut notamment auditionner son chauffeur, témoin de la chute mortelle, a appris l'AFP, mercredi, auprès du parquet fédéral belge. «Le chauffeur est belge. Ça nous semble logique qu'on fasse entendre le chauffeur quand il rentrera à la maison», a affirmé Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral, sans être en mesure de donner une date.

Il a expliqué que le parquet fédéral avait ouvert une enquête comme c'est l'habitude en cas de «mort violente» d'un ressortissant belge à l'étranger. «On va prendre contact avec les enquêteurs russes, on a un protocole (NDLR: de coopération) avec le parquet de Moscou», a poursuivi M. Van Der Sypt. Bruno Charles De Cooman, ancien professeur d'université à Gand (nord de la Belgique) puis en Corée du Sud, était depuis 2017 un des vice-présidents du groupe sidérurgique russe Novolipetsk Steel (NLMK), en charge de la Recherche-développement.

La famille ne veut pas croire au suicide

Il a été retrouvé mort le 29 août à la mi-journée au pied de l'immeuble historique dans lequel il vivait dans le centre de Moscou, non loin du Kremlin. En Russie, la thèse du suicide est pour l'instant «la version privilégiée» des enquêteurs, selon l'agence de presse officielle TASS. D'après la police russe, le corps présentait les marques d'une chute d'une grande hauteur et aucune trace de lutte n'a été découverte dans l'appartement. En Belgique, la famille de l'homme d'affaires ne veut pas croire au suicide et a réclamé l'audition par les enquêteurs belges de son chauffeur, qu'elle présente comme un témoin clé du drame, susceptible d'invalider cette hypothèse.

En repassant par son domicile à l'improviste en pleine journée, le dirigeant «a dit à son chauffeur de l'attendre cinq minutes» en bas, a expliqué son frère, Pierre De Cooman, à des médias flamands. «Quelques instants plus tard, il est tombé de sa fenêtre du neuvième niveau. Le chauffeur a vu Bruno tomber», a-t-il ajouté. C'est ce que le chauffeur a expliqué également aux enquêteurs à Moscou, selon des médias russes. La mère du défunt s'est dite de son côté convaincue que son fils était attendu par plusieurs individus en haut. «Ils l'ont assommé et l'ont jeté par la fenêtre», a affirmé Marie-Madeleine Meunier à la chaîne flamande VTM. «Je veux connaître la vérité et ça c'est dans les mains de Poutine», a-t-elle ajouté en allusion au président russe Vladimir Poutine. NLMK, qui appartient à Vladimir Lissine, l'un des plus hommes les plus riches de Russie selon le magazine Forbes, emploie près de 2 500 personnes en Europe, dont un millier en Belgique.

(L'essentiel/afp)