En Allemagne

19 octobre 2021 09:39; Act: 19.10.2021 10:05 Print

«Fautif», le rédacteur en chef de «Bild» limogé

Le groupe de presse Axel Springer a annoncé avoir démis de ses fonctions Julian Reichelt, accusé d'avoir eu une relation intime nouée au sein du journal le plus lu du pays.

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Julian Reichelt a été démis de ses fonctions. (photo: imago images)

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«Dans le cadre de récentes investigations de presse, de nouvelles preuves du comportement fautif de Julian Reichelt ont été portées à la connaissance de la société», écrit le groupe, dans un communiqué. Âgé de 41 ans, le journaliste à la tête des rédactions en chef du titre, avait fait l'objet d'une enquête interne en mars en étant notamment soupçonné d'avoir promu des femmes, avec qui il entretenait des relations, avant de les écarter.

Il avait été rétabli dans ses fonctions moins de 15 jours plus tard, en tandem cette fois avec une journaliste. Il avait «admis le mélange de relations professionnelles et privées, mais nié (tout harcèlement) sous serment», avait alors indiqué le groupe. Mais la direction d'Axel Springer dit lundi, avoir «appris que Julian Reichelt ne sépare toujours pas clairement les affaires privées et professionnelles, et qu'il a dit des choses fausses à ce sujet devant le conseil d'administration».

Le journal le plus lu d'Allemagne ne détaille pas les faits précis qui sont reprochés à son puissant rédacteur en chef, figure controversée du monde journalistique. C'est une enquête du New York Times parue dimanche, qui semble avoir précipité la décision du groupe Springer. Selon celle-ci, M. Reichelt a notamment promu à un poste à responsabilités une jeune journaliste avec laquelle il avait une liaison.

«Il les félicitait pour leur travail»

«S'ils découvrent que j'ai une liaison avec une stagiaire, je vais perdre mon emploi», lui avait déclaré Julian Reichelt, en novembre 2016, selon des propos qu'elle a rapportés à la commission d'enquête interne cités par le New York Times. Dans une autre enquête mise en ligne lundi soir, le magazine Spiegel renouvelle les allégations d'abus de pouvoir déjà formulées à l'encontre du journaliste, il y a quelques mois.

Sur la base d'entretiens avec «une demi-douzaine de femmes» et leur entourage ainsi que de centaines de SMS et d'e-mails consultés, le magazine affirme que le rédacteur en chef du tabloïd le plus puissant d'Allemagne «abordait souvent les jeunes femmes de son équipe éditoriale selon le même schéma: il les félicitait pour leur travail, leur confiait des tâches à responsabilité ou les plaçait dans des postes pour lesquels elles n'étaient pas adaptées».

Une partie de la recherche dont rend compte le Spiegel devait être publiée par un collectif de journalistes d'investigation, mais leur éditeur Dirk Ippen, un magnat de la presse allemande, a renoncé à cette parution, causant l'indignation, lundi, des auteurs de l'article. «Nous devons faire très attention à ne pas donner l'impression que nous voulons nuire économiquement à un concurrent», a justifié l'éditeur, affirmant n'avoir subi aucune pression.

Tiré à deux millions d'exemplaires

Julian Reichelt sera remplacé à la tête de Bild par Johannes Boie, jusqu'alors rédacteur en chef de l'hebdomadaire conservateur Welt am Sonntag, autre titre du groupe Springer. Tiré à environ 2 millions d’exemplaires, Bild, créé en 1952, a misé sur les faits divers, les sports et l'actualité des célébrités pour devenir le premier quotidien allemand.

Axel Springer a annoncé en août le rachat du site d'informations américain Politico, l'acquisition la plus importante de son histoire, en lien avec sa stratégie de développement numérique. Dans le cadre de cet ancrage aux États-Unis, «le nouveau propriétaire de Politico ne pouvait se permettre un dommage important à sa réputation», estime le quotidien Handelsblatt pour expliquer l'éviction de Julian Reichelt.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • g raison le 19.10.2021 11:34 Report dénoncer ce commentaire

    Et celles qui ont joué ce jeu viennent se plaindre ?? C'est si compliqué d'être droit dans ses bottes, et de juste dire non ? Bon, ça n'excuse pas le bonhomme, hein...

  • enquete le 19.10.2021 09:57 Report dénoncer ce commentaire

    Je suppose qu'il n'a pas obtenu un taux de réussite de 100%. Certaines femmes qui ont refusé ses avances avaient-elle alerté la direction (ou la direction des RH). Si tel est le cas alors il faut aussi faire le ménage au sein des gens qui n'ont pas ouvert une enquête interne suite aux plaintes de femmes qui auraient refusé de coucher avec M. Reichelt.

  • Mago le 19.10.2021 23:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je comprends pas, elles étaient consententes? Il peut faire ce qu’il veut si elles sont d’accord, non??? C’est trop facile pour celles qui veulent monter, elles acceptent des avances et puis après les menace de tout réveler?

Les derniers commentaires

  • eugenie musquar le 20.10.2021 07:37 Report dénoncer ce commentaire

    relation intime nouée? Ca veut dire quoi? Il avait attaché sa collègue au lit? avec des menottes?

  • Mago le 19.10.2021 23:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je comprends pas, elles étaient consententes? Il peut faire ce qu’il veut si elles sont d’accord, non??? C’est trop facile pour celles qui veulent monter, elles acceptent des avances et puis après les menace de tout réveler?

  • camouflage le 19.10.2021 14:29 Report dénoncer ce commentaire

    c'est pas les femmes, mais sa liberté d'expression et son courage qui vient de le coûter son poste. Il a ouvertement critiqué les mesures covid et le gouvernement sur la gestion covid. et ceci, n'est plus acceptable dans un régime totalitaire. (un jeune homme célibataire, beau et qui a du succès n'a pas besoin de cela - il est désiré par beaucoup de jeunes femmes, et même Bill Clinton n'a pas perdu son poste quand il avait une liaison avec une stagiaire)

  • Partout pareil le 19.10.2021 11:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Article intéressant pour ce qu'il nous apprend entre les lignes, de la presse allemande. Les grands titres de presse sont concentrés entre très peu de mains, comme dans la plupart des pays dits riches. Comment voulez-vous avoir une pluralité de l'information et une presse indépendante avec une telle concentration de pouvoir médiatique. Celui qui possède les médias possède aussi l'opinion des utilisateurs de médias, ou du moins la possibilité de l'influencer fortement. Heureusement que nous pouvons encore accéder à certains médias indépendants via internet. Mais pour combien de temps encore ? Quand on voit les projets de censure de l'internet en France, cette dérive orwellienne décidée par les pires dirigeants français depuis 1945 a de quoi inquièter. Pour simplifier, toute information publiée en France et qui n'aura pas reçu l'approbation des autorités, ou qui n'ira pas dans le sens du gouvernement sera systématiquement considérée comme une fake news et sera passible d'une sanction pénale. Voilà la liberté d'expression et d'informer 2.0 à la sauce LREM. Toute ressemblance avec des dictatures existantes ou ayant existé est totalement indépendante de la volonté du gouvernement français.

  • g raison le 19.10.2021 11:34 Report dénoncer ce commentaire

    Et celles qui ont joué ce jeu viennent se plaindre ?? C'est si compliqué d'être droit dans ses bottes, et de juste dire non ? Bon, ça n'excuse pas le bonhomme, hein...

    • Sally le 19.10.2021 11:49 Report dénoncer ce commentaire

      Je dis : il en faut toujours deux pour ce jeu. Ces femmes ne sont pas meilleures que lui !