En Espagne

24 septembre 2019 12:20; Act: 24.09.2019 12:29 Print

Feu vert pour l'exhumation du dictateur Franco

Après un bras de fer judiciaire de plus d'une année, la justice espagnole a donné son feu vert à l'exhumation de Franco (1898-1975) de son mausolée.

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Le mausolée de Franco est situé à environ 50 km de Madrid.

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La Cour suprême espagnole a autorisé mardi l'exhumation de Franco de son mausolée situé près de Madrid, a-telle annoncé. Cette question était l'objet depuis plus d'un an d'un bras de fer entre le gouvernement socialiste et les descendants du dictateur, mort en 1975. La plus haute instance judiciaire du pays a indiqué dans un communiqué avoir rejeté «dans sa totalité» le recours des descendants du dictateur qui s'opposaient au transfert de la dépouille, objet depuis plus d'un an d'un bras de fer avec le gouvernement socialiste.

Inauguré en 1959, le «Valle de los Caidos» («la vallée de ceux qui sont tombés») est situé à environ 50 km de Madrid. Composé d'une basilique de 262 mètres de long creusée à même la roche et d'une abbaye bénédictine, le complexe est surmonté d'une croix de 150 mètres de haut pesant près de 200 000 tonnes. Au bout de la basilique, dont les murs sont ornés de menaçantes statues d'archanges et de scènes inspirées de l'Apocalypse biblique, se trouvent les tombes toujours fleuries de Francisco Franco, mort en 1975 après 36 ans de règne sans partage, et de José Antonio Primo de Rivera, fondateur du parti fascisant de la Phalange tué au début de la guerre d'Espagne.

«Resignification» du lieu

Franco, vainqueur de cette sanglante guerre civile (1936-1939), avait ordonné la construction de ce complexe en 1940, dont il prétendra plus tard faire un lieu de «réconciliation» de tous les Espagnols. Les corps de plus de 30 000 victimes de la guerre civile, «tombées pour Dieu et pour l'Espagne», avaient été dans cette optique amenés dans la crypte. Dont une partie issus du camp républicain opposé à Franco et transférés depuis des fosses communes sans le consentement de leurs proches.

Avec le feu vert de la Cour suprême à l'exhumation, la grande question portera désormais sur l'avenir de cet encombrant vestige. En 2011, une commission d'experts mandatée par le gouvernement Zapatero avait recommandé d'opérer une «resignification» du lieu en y ajoutant une exposition permanente sur son histoire, celle des victimes qui y sont enterrées et des prisonniers politiques ayant participé à sa construction. Mais les socialistes avaient été chassés du pouvoir fin 2011 et leurs successeurs du Parti populaire (PP), qui considèrent que s'attaquer aux vestiges du franquisme revient à rouvrir les blessures du passé, avaient choisi d'ignorer ce rapport.

Revenus aux affaires en 2018, avec Pedro Sanchez à leur tête, les socialistes ont fait de l'exhumation du dictateur une priorité et indiquent vouloir donner une nouvelle signification au mausolée pour qu'il ne soit plus un lieu d'apologie du franquisme, mais sans donner plus de détails.

(L'essentiel/afp)