Italie

15 août 2018 11:30; Act: 16.08.2018 13:35 Print

Gênes: «Les responsables paieront cher»

La société qui gère le viaduc de Gênes risque de grosses sanctions de la part des autorités.

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Le ministre italien des Transports, Danilo Toninelli, a annoncé mercredi un audit général des ponts et des tunnels vieillissants dans toute l'Italie. Il s'exprimait au lendemain de l'effondrement d'un pont à Gênes qui a fait au moins 38 morts selon un dernier bilan. Le ministre a également déclaré avoir lancé une procédure de retrait de la concession autoroutière accordée à la société Autostrade per l'Italia, filiale du groupe Atlantia qui appartient lui-même au groupe Benetton, suite à cette catastrophe.

«Autostrade per l'Italia n'a pas été capable d'assumer ses obligations dans le cadre de l'accord régulant la gestion de cette infrastructure», a-t-il dit sur l'antenne de la RAI. L'État réclamera également des sanctions significatives, a-t-il dit, ajoutant qu'elles pourraient atteindre les 150 millions d'euros. Le ministre a estimé, sur sa page Facebook, que les dirigeants d'Autostrade per l'Italia devaient démissionner.

Accident «imprévisible»

Une section du pont Morandi, sur l'autoroute A10 qui relie Gênes à la France, s'est effondrée mardi en fin de matinée alors qu'un violent orage s'abattait sur la capitale de la Ligurie. Le bilan de la catastrophe s'élève désormais à 38 morts et plusieurs disparus, a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini. Celui-ci devait se rendre dans l'après-midi à Gênes.

Aucune réaction n'a pu être obtenue auprès du groupe Atlantia après les déclarations de M. Toninelli. Autostrade per Italia a rappelé mardi que d'importants travaux de rénovation avaient été menés sur le viaduc en 2016. Parlant d'un accident «imprévisible», son directeur pour la région de Gênes, Stefano Marigliani, a assuré que le pont était «constamment surveillé, bien au-delà des exigences légales» et qu'il n'y avait «aucune raison de penser qu'il était dangereux».

«Les responsables paieront cher»

Le ministre de l'Intérieur s'en est lui pris mardi soir au manque d'entretien. Les responsables devront payer pour cette catastrophe, «payer tout et cher», a-t-il martelé, ajoutant qu'une tragédie comme celle de Gênes était «inadmissible en 2018». Giovanni Toti, gouverneur de la province de Ligurie, dont Gênes est le chef-lieu, a pour sa part estimé que les travaux d'entretien du viaduc construit à la fin des années 60 avaient été «insuffisants».

Le drame de Gênes a tiré la sonnette d'alarme en Italie. Selon le quotidien La Repubblica, 300 ponts et tunnels en Italie sont dans un piteux état. Une infrastructure vétuste ainsi qu'un entretien lacunaire sont mis en cause.

(L'essentiel/afp)