Scandale aux Pays-Bas

27 mai 2017 14:58; Act: 27.05.2017 15:03 Print

Il aurait inséminé ses patientes avec son sperme

L'ancien directeur décédé d'un centre de fertilité près de Rotterdam est soupçonné d'avoir échangé son sperme avec celui des donneurs choisis.

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(Image d'illustration) 23 Néerlandais ont saisis la justice pour savoir si le docteur Karbaat est leur père biologique. (Samedi 27 mai 2017)

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Le scandale grandit aux Pays-Bas à propos d'un centre de fertilité près de Rotterdam dont l'ancien directeur, le médecin Jan Karbaat décédé début avril, est suspecté d'avoir utilisé son propre sperme et celui d'une banque qu'il avait dirigée, selon des informations de presse samedi. Selon le quotidien néerlandais Algemeen Dagblad, de nouvelles analyses ADN montrent qu'au moins trois des 19 personnes nées d'une fécondation in vitro, et dont le père biologique aurait été Jan Karbaat, ont été conçues avec du sperme venu de l'hôpital Zuider de Rotterdam dont il avait été le directeur médical durant quinze ans.

Mardi dernier, l'organisation néerlandaise Fiom, spécialisée dans les questions de filiation et gestionnaire d'une base de données ADN, a publié les résultats d'une comparaison montrant que le matériel ADN d'un enfant légitime du médecin correspondait avec celui de 19 Néerlandais nés d'une fécondation in vitro. «Nous enquêtons sur l'implication de l'hôpital Zuider mais n'avons pas suffisamment d'informations pour le moment», a déclaré au journal un responsable de l'hôpital aujourd'hui nommé Maasstad.

Justice saisie

Entre 1973 et 1978, l'hôpital Zuider a inséminé 659 femmes avec du sperme provenant de donneurs, selon le quotidien citant un article paru en 1980 dans la Revue néerlandaise de médecine. Environ 338 enfants étaient nés. Le docteur Karbaat, décédé le mois dernier à l'âge de 89 ans, avait démissionné en 1979 de l'hôpital Zuider après un désaccord et ouvert son propre centre de fertilité où il est soupçonné d'avoir été le père biologique de nombre des enfants conçus, au lieu du donneur choisi dans une banque de sperme.

L'affaire Karbaat fait les gros titres depuis qu'un groupe de 23 Néerlandais nés après une fécondation in vitro ont demandé en justice un prélèvement d'ADN en vue de tests pour vérifier si le docteur Karbaat pourrait être leur père biologique commun. Le docteur Karbaat, qui a toujours refusé tout prélèvement ADN de son vivant, assurait lui-même être le père biologique de 60 enfants nés par fécondation in vitro, selon un avocat des familles des plaignants.

L'avocat de la famille Karbaat a toutefois fermement démenti ces accusations et réclamé au tribunal le respect du droit à la vie privée pour la famille. A la demande des familles des plaignants, le tribunal avait fait procédé le 2 mai à la saisie d'objets personnels ayant appartenu au médecin, comme une brosse à dents, mais les tests ADN n'ont pas été réalisés. Le tribunal de Rotterdam doit se prononcer le 2 juin sur ces tests.

(L'essentiel/AFP)