Mort joyeuse

07 janvier 2014 20:37; Act: 08.01.2014 12:05 Print

Il fête son euthanasie avec du champagne

Un Belge de 95 ans, considéré comme «le plus vieil athlète» du royaume, est décédé mardi après avoir «célébré» son départ avec une centaine de proches, une coupe à la main.

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Emiel Pauwels, ici en août 2013, souffrait d'un cancer de l'estomac en phase incurable.

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Le nonagénaire avait expliqué lundi n'avoir «aucun regret à partir» et «absolument pas peur de la mort». Les photos publiées mardi le montrent, très souriant, en train de trinquer avec des membres de sa famille, des amis et des membres de son club d'athlétisme, tous réunis à son domicile. «C'était la plus belle fête de ma vie», a-t-il déclaré.

«Qui ne voudrait pas en finir avec du champagne en compagnie de tous les siens?», a-t-il demandé. «Quand le docteur débarquera avec son injection, je quitterai ce monde avec le sentiment d'avoir bien vécu», a-t-il ajouté, selon le quotidien Het Laatste Nieuws. «Pourquoi est-ce que je pleurerais alors que je vais retrouver pleins d'amis et de proches, dont mon épouse, au paradis?».

Un autre cas en octobre

Emiel Pauwels a reçu mardi l'injection mortelle à son domicile de Bruges, avec son fils Eddy à ses côtés. Mourir ainsi «était la volonté de papa, mais ça reste difficile de penser que c'est la dernière fois que nous sommes ensemble», a témoigné ce dernier, lundi. Emiel Pauwels était cloué au lit depuis quelques mois à cause d'un cancer de l'estomac en phase terminale. L'état de santé de ce sportif accompli avait empiré après son dernier exploit: gagner le titre de champion d'Europe vétéran de 60 mètres aux championnats d'athlétisme en salle organisés en mars 2013.

Son cas rappelle celui de Nathan, un Belge de 44 ans, qui avait lui aussi choisi de partager avec des amis un dernier repas en octobre, quelques heures avant d'être euthanasié. Une équipe de télévision était présente. Son cas avait ému car l'homme ne souffrait pas d'une maladie incurable mais endurait des «souffrances psychiques insupportables» à la suite d'une opération de changement de sexe ayant échoué. Nathan avait le sexe féminin à sa naissance et portait le prénom de Nancy.

L'euthanasie autorisée depuis 2002 en Belgique

Mais cette manière d'organiser sa mort, voire de la «mettre en scène», interpelle. «Cette tendance est vraiment curieuse et belle à la fois. Nous sommes confrontés à une nouvelle définition de ce que c'est de mourir. Il faut que la mort contribue à une expérience d'émotions et de joies partagées», relève sur le site du quotidien La Libre Belgique Olivier Descamps, responsable du comité d'éthique d'un centre hospitalier en Wallonie (sud). «Si la personne souhaite mourir dans de telles conditions, c'est son choix. Mais dans un futur proche, je vois très bien des sociétés s'approprier ce genre d'événements, un peu comme les enterrements», a-t-il ajouté.

La Belgique est l'un des rares pays à avoir légalisé l'euthanasie, sous certaines conditions, en 2002. Le Sénat a récemment décidé de l'étendre aux mineurs atteints d'une maladie incurable, mais le texte n'a pas encore été approuvé par les députés.

(L'essentiel Online/AFP)