Discours sur l'état de l'UE

12 septembre 2018 09:29; Act: 12.09.2018 12:23 Print

Juncker plaide pour une Europe plus forte

Le président de la Commission européenne a appelé mercredi l'Europe à prendre conscience de sa force sur la scène mondiale, lors de son dernier discours sur l'état de l'UE.

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Le président de la Commission européenne souhaite que l'Union européenne renforce son influence dans le monde. (photo: AFP/Frederick Florin)

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Et pour protéger le territoire de l'UE, M. Juncker a confirmé, comme attendu, la proposition de la Commission de déployer un véritable corps de gardes-frontières à ses frontières extérieures, soit 10 000 personnes d'ici 2020. L'UE «peut, si elle veut, si elle parle d'une seule voix, s'imposer aux autres», a lancé le Luxembourgeois en ouverture d'un discours d'environ une heure, vibrant plaidoyer en faveur de la «souveraineté européenne».

«Nous devons démontrer qu'ensemble, Est, Ouest, Sud, Nord, nous pouvons semer les graines d'une Europe plus souveraine», a encore exhorté M. Juncker. L'Europe n'est ni une «forteresse», ni une «île», elle est «multilatérale», a expliqué celui qui rejette «l'unilatéralisme irrespectueux des attentes et des espoirs des autres». Le président de la Commission estime que le moment est «critique» alors que le contexte international est devenu plus imprévisible avec un président américain Donald Trump qui prêche le protectionnisme et n'hésite pas à se retirer d'accords internationaux.

Il s'agissait du quatrième et dernier exercice du genre pour Jean-Claude Juncker. Dans un an, en septembre 2019, le nouveau Parlement élu sera occupé par le processus de sélection d'un nouvel exécutif européen. Mais le président de la Commission a assuré que «l'heure du bilan» n'était pas encore venue. «Au contraire, je vous dis que le travail continue», a-t-il lancé, avant de dérouler une longue liste de nouvelles propositions et initiatives. Ainsi, pour devenir un «acteur global» et pouvoir mieux faire entendre la voix de l'UE, il a proposé que certaines décisions de politique étrangère puissent se prendre à la majorité qualifiée et non plus à l'unanimité, pour éviter qu'un seul pays puisse faire blocage.

«Le patriotisme est une vertu»

Il souhaite aussi «renforcer le rôle international de l'euro»: «Aberrant», selon lui, de payer des avions européens en dollars, ou encore payer dans la monnaie américaine plus de 90% de ses importations d'énergie alors que seulement 2% viennent des États-Unis. Une Europe plus forte quand elle est unie: le message s'est adressé aussi aux eurosceptiques et nationalistes, plusieurs fois visés par M. Juncker, dans son discours.

Depuis le début de son mandat, les mouvements souverainistes et populistes ont grossi et réussi à s'arrimer au pouvoir en Pologne ou en Hongrie, en Italie et en Autriche. «Le patriotisme du XXIe siècle est à double dimension, l'une nationale, l'autre européenne», a résumé le Luxembourgeois. «Celui qui aime l'Europe doit aimer les nations qui la composent, celui qui aime sa nation doit aimer l'Europe. Le patriotisme est une vertu, le nationalisme borné est un mensonge accablant et un poison pernicieux», a-t-il fustigé.

Au moment où les mouvements populistes s'emparent de la brûlante question de la migration dans leurs campagnes électorales, Jean-Claude Juncker a redit son opposition au rétablissement des contrôles aux frontières intérieures. Mais bien conscient des limites de la réglementation européenne actuelle, il a dévoilé de nouvelles propositions, notamment le déploiement de 10 000 gardes-frontières d'ici 2020 pour faire de l'Agence européenne qui les chapeaute une véritable «police des frontières extérieures».

Un message clair au Royaume-Uni

À la recherche de solutions innovantes à un dossier qui divise l'UE depuis la crise migratoire de 2015, la Commission propose de bâtir «une nouvelle alliance» entre l'UE et le continent africain, un partenariat au-delà des aides au développement pour accélérer les investissements et la création d'emplois en Afrique, d'où sont originaires la grande majorité des migrants qui tentent la traversée de la Méditerranée.

Jean-Claude Juncker, qui s'exprime généralement en trois langues - français, allemand et anglais - n'aura eu recours à la langue de Shakespeare que pour parler du Brexit, sujet sur lequel il pouvait difficilement faire l'impasse alors que les deux camps tentent de trouver un accord pour un retrait «organisé» à la date prévue, fin mars 2019. À cette occasion, il a rappelé la ligne rouge des 27 partenaires de Londres: «Quelqu'un qui quitte l'Union ne saurait avoir la même position privilégiée qu'un État membre. Si on quitte l'Union, on ne fait évidemment pas partie de notre marché unique et certainement pas de certaines de ses parties».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Rigoberta Menchu le 12.09.2018 10:42 Report dénoncer ce commentaire

    L'Europe doit se rapprocher de la Russie et supprimer tout de suite ces sanctions inutiles car il ne faut pas se faire d'illusions, la Russie ne reviendra pas en arrière sur l'annexion de la Crimée et donc toutes ces sanctions ne servent vraiment à rien.

  • Surfer le 12.09.2018 12:48 Report dénoncer ce commentaire

    Qu'il dégage d'abord ! Qu'a-t-il apporté à l'Union ? Mis à part disserter sur l'heure d'été et placer ses copains pour assurer son héritage..

  • georgette le 12.09.2018 12:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Juncker and Co qui sont au manettes depuis des années ont mis l’Europe dans la position dans laquelle elle se trouve. Surendettés, incontrôlée sur plusieurs plans et gérer par des lobbys. La montées des extrêmes est le résultat de leur politique et tous le monde sais comment cela va se terminer.

Les derniers commentaires

  • Soeur Anne voit bien ce qui vient le 12.09.2018 21:38 Report dénoncer ce commentaire

    L'arc des conflits devient climatique. Il y a quelques jours, on pouvait voir sur Climate Reanalyzer point org une bande allant de l'Algérie au Pakistan où il faisait près de 50°C. Si vivre dans ces pays devient intenable, où vont aller ces populations? De plus, la faim dans le monde augmente à nouveau comme une conséquence directe du dérèglement climatique.

  • ladeux le 12.09.2018 19:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    une Europe plus forte est une Europe avec des règles et des systèmes uniformisé et surtout une totale indépendance des usa

  • Andy le 12.09.2018 18:13 Report dénoncer ce commentaire

    Mr Juncker a plaidé pour les paiements en euros, par exemple pour l’energie. Je partage cette idée de se sortir de la dépendance au dollar pour les affaires de l’euro:entreprise européenne achète, alors paiement en euro. Une vrai révolution. Bravo MR Juncker.

  • Karin le 12.09.2018 18:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    “La proposition de la Commission de déployer un véritable corps de gardes-frontières à ses frontières extérieures” Ahhhh enfin un début de réaction!

    • LiNh le 13.09.2018 06:47 Report dénoncer ce commentaire

      Un debut de réaction ? Dans l'urgence de 2015 l'UE a dû prendre des décisions sur base des valeurs fondamentales de l'UE à savoir accorder le droit d'asile décrèté lors du traité de Lisbonne pour répondre aux conséquences de la 2nde guerre mondiale avec ses millions de réfugiés. Aujourd'hui l'immigration en EU est 80% moins élevée avec la participation d'autres pays hors UE. Vous pensez que cette baisse est résultat du saint esprit ???

  • papy le 12.09.2018 14:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il faut être européen . Mais pas n’importe comment et certainement pas En faveur de ce qu’ils ont construit jusquiame présent . Des politiciens et des fonctionnaires pléthoriques également trop bien payés , une économie affaiblie par les autres grandes puissances et multinationales avec l’assentiment , voir la puérilité ou l’intérêt personnel de ceux qui sont chargés de la construire . Bref : l’Europe, oui ! Mais pas celle-ci !

    • LiNh le 12.09.2018 17:10 Report dénoncer ce commentaire

      Et en quoi cette plaidoirie va à l'encontre de votre souhait ?

    • No comment le 12.09.2018 21:54 Report dénoncer ce commentaire

      Bien payer un(e) fonctionnaire, c'est s'assurer de son indépendance et diminuer les risques de corruption. D'autre part, la faiblesse chronique de l'UE provient de la manière dont elle a été construite; unanimité des pays plutôt que majorité parlementaire.