En Hongrie

06 avril 2017 14:47; Act: 06.04.2017 15:26 Print

Juncker reproche à Orban de «dire du mal» de l'UE

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, critique le «questionnaire orienté» que le gouvernement hongrois a adressé à ses citoyens sur l'UE.

storybild

«Je voudrais, après avoir lu ce questionnaire orienté, mieux comprendre les intentions» du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a déclaré jeudi le président luxembourgeois de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Intitulé «Stoppons Bruxelles!», un questionnaire a récemment été envoyé à chaque foyer hongrois. Il comporte six questions, portant principalement sur les politiques migratoires, l'une des principales pommes de discorde entre Bruxelles et Budapest. «Je voudrais, après avoir lu ce questionnaire orienté, mieux comprendre les intentions» du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a déclaré M. Juncker, en répondant à une question de la presse sur la Hongrie, lors d'un point presse à Bruxelles.

Il n'y est «pas question de sortir de l'UE, mais il est question de stopper Bruxelles», a commenté le chef de l'exécutif européen. «Cette façon de dire du mal de Bruxelles après avoir signé la Déclaration de Rome dit plus sur l'auteur du questionnaire que sur l'état de l'Union européenne», a-t-il ajouté, en référence à la déclaration d'unité signée par les dirigeants de l'UE à Rome, le 25 mars, à l'occasion des 60 ans du traité fondateur de la construction européenne.

Université menacée?

M. Juncker a aussi critiqué l'adoption par la Hongrie d'une nouvelle loi menaçant de fermeture l'Université d'Europe centrale (CEU), créée à Budapest par le milliardaire américain George Soros. «Je n'aime pas cette décision», a-t-il répondu, rappelant que la Commission avait prévu d'avoir un débat interne sur ce sujet le 12 avril. Le commissaire européen à la Recherche, Carlos Moedas, s'était déjà dit mercredi «profondément préoccupé» par cette législation qui pourrait être selon lui «en opposition directe à la liberté de la recherche scientifique et à nos valeurs communes d'ouverture».

La loi adoptée en Hongrie prévoit de priver de licence les instituts d'enseignement étrangers ne disposant pas de campus dans leur pays d'origine. Elle vise en particulier la CEU, un établissement anglophone créé en Hongrie peu après la chute du communisme par M. Soros, bête noire du Premier ministre Viktor Orban.

(L'essentiel/AFP)