Affaire de corruption

17 janvier 2015 17:11; Act: 17.01.2015 17:18 Print

Jusqu'à cinq ans de prison pour un tweet en Turquie

Des magistrats turcs ont requis jusqu'à cinq ans de prison contre une journaliste, auteur d'un tweet dénonçant les tentatives d'étouffer un scandale de corruption.

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Le président turc Erdogan a renforcé le contrôle étatique sur la justice et sur Internet. (photo: AFP)

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Sedef Kabas, journaliste et présentatrice d'émissions à la télévision, a été arrêté le mois dernier par la police, qui a perquisitionné son appartement stambouliote et placé son ordinateur et son portable sous scellés. Mme Kabas avait écrit sur son compte Twitter un message dans lequel elle a demandé aux Turcs de ne pas oublier le nom du juge qui a prononcé un non-lieu général dans les enquêtes de corruption qui ont touché le régime islamo-conservateur à l'hiver 2013-2014, en particulier le Premier ministre de l'époque, aujourd'hui président, Recep Tayyip Erdogan et son entourage.

La journaliste est accusée d'avoir «présenté comme des cibles les personnes chargées de lutter contre le terrorisme», selon l'agence de presse turc Dogan. «Comme le suggère le contenu de son tweet, il est très clair, sans le moindre doute, que Mme Kabas a menacé le plaignant... et a essayé de le discréditer», détaille le jugement cité par Dogan. M. Erdogan a réussi à geler les enquêtes de corruption en limogeant des milliers de policiers et magistrats tout en renforçant le contrôle étatique sur le système judiciaire et Internet, notamment en interdisant Twitter et Youtube.

Les magistrats ont abandonné les poursuites contre 53 personnes en octobre, dont des fils d'anciens ministres, «faute de preuves». Le gouvernement islamo-conservateur, à la tête de la Turquie depuis 2002, a engagé il y a un an une chasse aux sorcières contre le mouvement de l'imam Fethullah Gülen, son ancien allié, qu'il accuse d'avoir ourdi ce complot pour le renverser. Début décembre, une trentaine de journalistes d'opposition ont été arrêtés, une opération vivement critiquée par l'UE comme une nouvelle érosion de la liberté de la presse en Turquie.

(L'essentiel/AFP)