En Allemagne

21 février 2020 12:36; Act: 21.02.2020 13:41 Print

L'Allemagne va mieux surveiller les mosquées

Sous le choc de l'attentat raciste de Hanau, le gouvernement allemand a annoncé, vendredi, un renforcement de la surveillance policière, notamment autour des mosquées.

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Les rassemblements en mémoire des neuf victimes de la double fusillade de Hanau, organisés jeudi soir dans une cinquantaine de villes allemandes, ont laissé place à des débuts de polémique sur les armes, la protection des minorités et le rôle incendiaire du parti d'extrême droite AfD.

Le pays a été confronté à trois attentats racistes et antisémites en neuf mois, de l'assassinat d'un élu pro-migrants à la tuerie de Hanau, en passant par l'attaque visant la synagogue de Halle en plein Yom Kippour.

Dans ce contexte, marqué aussi par le démantèlement de groupes prêts à passer à l'acte, «on ne peut plus parler d'actes individuels (...) mais d'un problème politique. Il est temps de le réaliser», résume vendredi, le quotidien berlinois Tagesspiegel.

«Bombes à retardement»

Face à ce «danger numéro un pour la démocratie», selon la ministre de la Justice, Christine Lambrecht, le gouvernement a annoncé, vendredi, de nouvelles mesures.

Les «lieux sensibles», en particulier les abords des mosquées, les aéroports, ainsi que les frontières vont faire l'objet d'une surveillance renforcée, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer.

Le gouvernement d'Angela Merkel avait déjà nettement durci son arsenal législatif et sécuritaire ces derniers mois, en imposant notamment de nouvelles obligations aux réseaux sociaux pour signaler les contenus haineux ou en protégeant mieux élus et militants.

Mais il peine à contrer toutes les menaces, en particulier celle incarnée par des individus solitaires, inconnus de la police et armés en toute légalité, qui passent subitement à l'acte comme le tueur présumé de Hanau.

Ces «loups solitaires» qui se radicalisent sur Internet, sont «des bombes à retardement que nous devons contrer avec tous les moyens que l'État constitutionnel nous offre», fait valoir la ministre de la Justice.

«Ce qui est déjà fait dans le domaine du jihadisme» en matière de surveillance en ligne, y compris des applications cryptées, doit «aussi être mené dans celui de l'extrémisme de droite», préconise Peter Neumann, spécialiste du terrorisme au King's College de Londres, dans le quotidien Die Welt.

Contrôles des armes

L'auteur présumé de l'attaque de Hanau, inconnu des services de police, avait ainsi un site personnel mêlant théories racialistes et contenus complotistes avant les fusillades. Ces «signaux» doivent à l'avenir être mieux anticipés, fait valoir M. Neumann.

Un autre aspect de la menace concerne un éventuel contrôle plus strict de la détention d'armes. Quelque 5,4 millions d'armes sont en circulation dans le pays, selon le quotidien Bild.

Le ministère de l'Intérieur s'inquiète en particulier du fait que l'extrême droite radicale se procure de plus en plus d'armes en tous genres.

La police a ainsi saisi 1 091 armes au total en 2018, contre 676 l'année précédente, dans le cadre d'enquêtes portant sur des délits et crimes attribués à des extrémistes de droite.

(L'essentiel/afp)