Norvège

15 octobre 2021 07:15; Act: 15.10.2021 08:35 Print

L’auteur de l’attaque à l’arc va être incarcéré

L’homme qui a tué cinq personnes mercredi lors d’une attaque effectuée à l’aide d’un arc en Norvège devrait être placé en détention provisoire vendredi.

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Selon la police, l’homme de 37 ans ne s’oppose pas à son incarcération, permettant une procédure simplifiée. (photo: AFP)

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Un juge doit se prononcer vendredi sur le placement en détention provisoire de l’homme de 37 ans qui a avoué être l’auteur d’une attaque meurtrière à l’arc en Norvège, portant selon les autorités les marques d’un acte terroriste. L’émotion restait vive à Kongsberg, paisible cité du sud-est du pays scandinave, où des habitants se sont retrouvés jeudi soir pour se recueillir avec des bougies, 24 heures après l’attaque qui a fait cinq morts et trois blessés. «Nous sommes une petite communauté et nous avons besoin d’être là les uns pour les autres», a expliqué à l’AFP Kristine Johansen, une enseignante de 29 ans.

Décrit par la police comme un citoyen danois de 37 ans converti à l’islam et signalé pour radicalisation, l’homme a admis lors de son interrogatoire avoir commis l’attaque, armé notamment d’un arc et de flèches, avant d’être arrêté. «Nous aimerions l’avoir en détention provisoire pendant au moins quatre semaines», a déclaré la procureure chargée du dossier, Ann Iren Svane Mathiassen.

Piste du terrorisme privilégiée

Le tribunal de Kongsberg doit trancher vendredi matin, mais vraisemblablement sans présentation de l’assaillant: selon la police, l’homme de 37 ans ne s’oppose pas à son incarcération, permettant une procédure simplifiée. «Je ne pense pas qu’il comparaîtra», a dit Ann Iren Svane Mathiassen.

À la lumière notamment du mode opératoire, du fait que le suspect ait frappé aveuglément et qu’il ait été l’objet d’alertes sur une possible radicalisation, la piste du terrorisme islamiste semble privilégiée. «Il n’y a aucun doute que l’acte lui-même a des apparences qui font penser que ça peut être un acte terroriste mais il importe maintenant que l’enquête avance et que l’on clarifie les motivations du suspect», a déclaré le chef du PST, Hans Sverre Sjøvold, lors d’une conférence de presse jeudi.

Les autorités n’excluent pas non plus la possibilité de troubles mentaux. «C’est une personne qui a fait des allers-retours dans le système de santé pendant un certain temps», a souligné Hans Sverre Sjøvold. Selon Ann Iren Svane Mathiassen, il a commencé jeudi à faire l’objet d’une évaluation psychiatrique, mais les conclusions devraient prendre plusieurs mois.

«Jamais un sourire»

Le suspect «est connu» du PST, services qui sont notamment chargés de l’antiterrorisme en Norvège, mais peu de détails ont été fournis à ce sujet. «Il y a eu des craintes liées à une radicalisation précédemment», a de son côté expliqué un responsable de la police, Ole Bredrup Saeverud. Ces craintes remontaient à 2020 et avant, et avaient donné lieu à un suivi de la police, a-t-il dit.

Selon des médias norvégiens, l’homme a été visé par deux décisions judiciaires dans le passé: une interdiction l’an dernier de rendre visite à deux membres proches de sa famille après avoir menacé de tuer l’un d’eux et un cambriolage et achat de haschich en 2012.

Une vidéo de lui datant de 2017 a également été mise au jour par plusieurs médias, où on le voit faire une profession de foi d’un ton menaçant. «Je suis un messager. Je suis venu avec un avertissement: est-ce vraiment ce que vous voulez? (…) Soyez témoin que je suis musulman», y déclare-t-il.

Quatre femmes et un homme tués

L’homme, qui a très probablement agi seul selon la police, a tué quatre femmes et un homme âgés d’entre 50 et 70 ans, à plusieurs endroits de Kongsberg, petite ville sans histoire d’environ 25 000 habitants où il résidait, à quelque 80 kilomètres à l’ouest d’Oslo.

Sous le couvert de l’anonymat, un voisin l’a décrit comme une personne peu aimable à la carrure imposante et aux cheveux ras. «Jamais un sourire, aucune expression sur le visage», a-t-il dit, ajoutant l’avoir vu «toujours seul». Plusieurs projets d’attentats islamistes ont été déjoués en Norvège dans le passé. Mais le pays a été endeuillé par deux attaques d’extrême droite au cours des dix dernières années, notamment celle du 22 juillet 2011 commise par Anders Behring Breivik (77 tués).

(L'essentiel/afp)