Crise migratoire

14 septembre 2018 19:13; Act: 14.09.2018 19:23 Print

L'Autriche propose de trier les migrants en mer

Le ministre autrichien de l'Intérieur a suggéré ce vendredi de sélectionner les personnes qui ont droit à l'asile directement sur les embarcations.

storybild

Herbert Kickl, ministre autrichien de l'Intérieur.

Sur ce sujet
Une faute?

Le ministre autrichien de l'Intérieur Herbert Kickl a proposé vendredi, à l'occasion d'une réunion européenne sur la politique migratoire à Vienne, d'organiser sur des embarcations en mer le tri entre réfugiés et migrants ne relevant pas du droit d'asile. Cette proposition avancée au cours d'une conférence de presse aux côtés de son homologue italien Matteo Salvini vaudrait «pour ceux qui arrivent sur un bateau dans les eaux territoriales d'un pays de l'UE», a expliqué M. Kickl, membre du parti d'extrême droite FPÖ.

Il s'agirait d'«effectuer une procédure de clarification rapide pour identifier les migrants habilités à demander l'asile». Seuls ces derniers seraient conduits sur le territoire de l'UE tandis que les autres seraient renvoyés dans «des ports sûrs» dans des pays tiers. «C'est une réflexion que nous devrions développer ensemble pour éliminer la problématique des retours», a expliqué M. Kickl car «une fois que les gens ont mis le pied sur le continent, on ne peut les en éloigner qu'au prix de grandes difficultés et à grands frais».

Scepticisme

Le système actuel fonctionne «en dépit du bon sens», selon le ministre qui veut «le remettre à l'endroit» avec pour objectif d'arriver au «point où il ne sera plus possible de déposer sa demande d'asile ailleurs qu'en dehors de l'UE et c'est en dehors de l'UE que celle-ci sera décidée». Matteo Salvini a dit soutenir la proposition de son homologue autrichien. Les deux hommes ont organisé une conférence de presse commune en parallèle à une réunion de ministres de l'Intérieur d'Europe et d'Afrique sur le thème de la coopération en matière de politique migratoire. Tout comme le patron de l'extrême droite italienne Matteo Salvini, M. Kickl, dont le parti gouverne avec les conservateurs du chancelier Sebastian Kurz, veut accroître la pression sur les autres pays de l'UE en faveur de solutions plus radicales pour endiguer les flux migratoires.

Il a ainsi critiqué à plusieurs reprises, face à la presse, le manque d'optimisme manifesté par le commissaire européen à la Migration, Dimitris Avramopoulos, sur la possibilité de créer des «plateformes de débarquement» en Afrique des migrants secourus en Méditerranée. «Cette idée a environ deux mois et déjà le Commissaire européen baisse les bras», a déploré M. Kickl, estimant que cela envoyait un «mauvais signal». Présent à la réunion de Vienne, M. Avramopoulos s'est dit «un peu sceptique» sur cette piste lancée en juin par les Etats de l'UE pour éloigner du continent européen les rescapés des traversées clandestines. Aucun pays d'Afrique ne souhaite accueillir ces centres. L'Egypte, la Tunisie et le Maroc ont été sollicités, mais ont refusé. Des représentants de ces pays, et d'autres pays d'Afrique, participaient vendredi à la réunion de Vienne.

(L'essentiel/afp)