Référendum

14 septembre 2021 08:37; Act: 14.09.2021 12:10 Print

L'avortement est encore un crime à Saint-​​Marin

Saint-Marin, État enclavé dans le centre de l’Italie, considère encore l’avortement comme un crime. Un référendum sur sa légalisation arrive dans deux semaines.

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La campagne avant le référendum s’annonce très tendue. Et l’issue est incertaine, en l’absence de sondages, trop coûteux à organiser. (photo: AFP)

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Saint-Marin, minuscule et pittoresque république enclavée dans le centre de l’Italie, est l’un des rares États en Europe où l’avortement est toujours considéré comme un crime. À deux semaines d’un référendum sur sa légalisation, ce sujet explosif divise le micro-pays où l’Église catholique est omniprésente. «Il faut en finir avec cette hypocrisie qui consiste à envoyer les femmes de l’autre côté de la frontière» pour avorter en Italie, «sans aucune aide», s’insurge Vanessa Muratori, membre de l’Union des femmes saint-marinaises (UDS), à l’origine du référendum.

De minuit jusqu’à l’aube, accompagnée d’autres militantes, elle a collé sur les panneaux de la capitale les affiches de cette campagne qui s’annonce très tendue et dont l’issue est incertaine, en l’absence de sondages, trop coûteux à organiser. «Votez oui, pour la liberté de choix» et «pour sortir de la clandestinité», proclame une pancarte. «Même à douze semaines, je suis un enfant, sauve-moi!» riposte une affiche choc arborant l’image d’un fœtus.

Jusqu'à 3 ans de prison pour la mère

«Je suis une anomalie. Ai-je moins de droits que toi?» plaide un jeune trisomique sur une autre. Saint-Marin est l’un des derniers États d’Europe – avec Malte, Andorre et le Vatican – à interdire totalement l’avortement, même en cas de viol, inceste, maladie du fœtus ou danger pour la mère. Quarante-trois ans après l’Italie voisine, le petit État peuplé de 33 000 habitants s’apprête à trancher, le 26 septembre, sur l’autorisation de l’IVG jusqu’à douze semaines de grossesse.

Après, l’avortement ne serait autorisé qu’en cas de menace pour la vie de la mère ou d’anomalies détectées chez le fœtus «comportant un grave risque pour la santé physique ou psychique de la femme». À présent, l’avortement, dont l’interdiction remonte à 1865, est un crime passible d’une peine de prison allant jusqu’à trois ans pour la femme et six ans pour le médecin qui le pratique.

(L'essentiel/afp)