Maisons pour mères célibataires

13 janvier 2021 16:31; Act: 13.01.2021 18:56 Print

L’État irlandais présente ses excuses

Le Premier ministre irlandais a réagi au lendemain d’une publication sur la mort de 9 000 enfants entre 1922 et 1998 dans des établissements tenus par des religieuses.

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«L’État vous a laissé tomber», a déclaré ce mercredi le Premier ministre irlandais, Micheal Martin. (photo: AFP)

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Le Premier ministre irlandais Micheal Martin a présenté mercredi les «excuses» de l’État dans le scandale des anciennes maisons pour mères célibataires, où 9 000 enfants sont morts entre 1922 et 1998.

«Je présente mes excuses pour le profond tort causé aux mères irlandaises et à leurs enfants qui se sont retrouvés» dans ces établissements tenus par des religieuses catholiques et l’État, a déclaré le chef du gouvernement devant le Parlement irlandais.

«L’État vous a laissé tomber»

«L’État vous a laissé tomber», a déclaré Micheal Martin, au lendemain de la publication du rapport d’une commission d’enquête qui a mis en lumière la surmortalité dramatique dans ces établissements et l’hostilité générale de la société envers ces naissances alors considérées comme illégitimes.

Après cinq ans d’enquête, la commission a mis en évidence 9 000 décès dans ces établissements, soit 15% des 57 000 enfants qui sont passés par ces établissements entre 1922 et 1998. Un taux de mortalité au sein de ces établissements presque deux fois plus important qu’en dehors pour les enfants nés hors mariage, a souligné le Premier ministre.

«Viol et/ou inceste»

Ces maisons accueillaient jeunes filles et jeunes femmes rejetées par leurs familles qui n’avaient pour la plupart «aucune alternative», selon le rapport. Considérés comme illégitimes, les enfants qui y naissaient étaient souvent séparés de leur mère pour ensuite être adoptés, rompant tout lien avec leur famille biologique.

La période la plus ancienne étudiée par la commission met en évidence à quel point le «manque d’éducation sexuelle a laissé des jeunes femmes dans l’ignorance même de comment et pourquoi elles sont tombées enceintes», certaines après avoir subi «viol et/ou inceste», a souligné le Premier ministre. «Les enfants nés en dehors du mariage étaient stigmatisés, traités comme des parias», a dénoncé le Premier ministre.

«Nous avons adopté une morale et un contrôle religieux pervers, un jugement et une certitude morale, mais nous avons rejeté nos filles», a-t-il poursuivi. «Nous avons honoré la piété, mais nous ne sommes pas parvenus à faire preuve de la plus élémentaire des gentillesses envers ceux qui en avaient le plus besoin».

(L'essentiel/AFP)